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actu & culture


WASHINGTON - lundi 13 aout 2007 à 17h48

Démission de Karl Rove, l'éminence grise de Bush


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Karl Rove, conseiller en stratégie politique et ami proche de George W. Bush, envisage de quitter ses fonctions fin août, a annoncé la Maison Blanche lundi. La liste est déjà longue des hauts responsables qui s'éloignent de l'administration républicaine à un an et demi de la fin du second mandat de George W. Bush.

"Nous sommes amis depuis longtemps et nous resterons amis", a déclaré lundi George Bush à la Maison Blanche, Karl Rove à ses côté. "Je dirais que Karl Rove est un ami très cher. Je remercie mon ami", a-t-il ajouté, avant de rappeler que son mandat touche à sa fin. "Je vais te suivre d'ici peu". Karl Rove a pour sa part expliqué que sa mission au service du président avait été "la joie et l'honneur" de sa vie.

Avec la démission de Karl Rove, arrivé à la Maison Blanche en 2001, le président américain perd non seulement un ami de longue date mais également un membre du premier cercle de son entourage. M. Rove, 56 ans, avait été surnommé "l'architecte" par M. Bush lui-même, qui estime devoir ses deux victoires présidentielles de 2000 et 2004 à la stratégie mise en place par son conseiller.

"Eminence grise" ou "cerveau de Bush", comme le surnomment ses détracteurs, Karl Rove travaillait avec lui depuis sa première candidature au poste de gouverneur du Texas en 1993. Les deux hommes se sont rencontrés au début des années 1970, alors qu'il n'étaient âgés que d'une vingtaine d'années.

"A l'évidence, c'est une grosse perte pour nous", a déclaré Dana Perino, le secrétaire général adjoint de la Maison Blanche. "C'est un grand collègue, un bon ami et un esprit brillant. Il nous manquera énormément. Mais nous savons qu'il ne partirait pas s'il ne savait pas que c'était le bon moment pour lui d'accorder plus de temps à sa famille, son épouse Darby et leur fils. Il continuera à être l'un des meilleurs amis du président", a encore souligné Mme Perino.

Depuis novembre et la prise de contrôle du Congrès par les démocrates -qui détiennent la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat-, plusieurs hauts responsables de l'administration républicaine ont annoncé leur départ. Parmi eux figurent notamment le conseiller à la Maison Blanche Dan Bartlett, le directeur du Budget Rob Portman, la conseillère juridique de la Maison Blanche Harriet Miers, la directrice politique Sara Taylor, le conseiller adjoint pour la Sécurité nationale J.D. Crouch et Meghan O'Sullivan, une autre conseillère adjointe pour la Sécurité nationale qui a travaillé en Irak.

Dans la foulée des élections de mi-mandat de novembre, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld avait été poussé vers la sortie en raison de l'impopularité grandissante du conflit en Irak.

Karl Rove "avait fait part au président depuis longtemps -environ un an- de son désir de partir", a précisé Mme Perino. "Mais il y avait toujours un gros projet qui l'en empêchait en raison de ses capacités stratégiques ainsi que de notre besoin de l'avoir à nos côtés."

Le conseiller du président a été interrogé pendant des mois sur son rôle dans la divulgation à la presse de l'identité de l'agent de la CIA et épouse d'un diplomate critique de la Maison Blanche, Valerie Plame, mais il n'a pas été inculpé. Plus récemment, il a refusé de témoigner devant le Congrès dans l'affaire de huit procureurs fédéraux limogés fin 2006, pour des raisons politiques et non de compétences, estiment les démocrates.

Il devrait revenir sur son expérience dans un livre, après son départ, annoncé dans un entretien réalisé samedi et publié lundi par le "Wall Street Journal".

"Je pense que c'est le moment", a-t-il déclaré, expliquant que le secrétaire général de la Maison Blanche Joshua Bolten avait prévenu les hauts responsables que ceux qui resteraient après la Fête du Travail, le 3 septembre, ne pourraient plus quitter le navire avant la fin du mandat présidentiel, en janvier 2009. "Il y a toujours quelque chose pour vous retenir mais malgré tout le plaisir que j'éprouve à être ici, je dois (partir), pour le bien de ma famille", a dit M. Rove au WSJ.

Dans l'entretien au "Wall Street Journal", M. Rove se déclare convaincu que la cote de popularité du président va remonter, que la situation en Irak va s'améliorer et que les démocrates présenteront Hillary Rodham Clinton à l'élection présidentielle de 2008, bien que sa candidature soit selon lui "vouée à l'échec". AP

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