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actu & culture


FRANCFORT - vendredi 21 septembre 2007 à 18h32

L'euro bat un nouveau record à plus de 1,41 dollar


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L'euro a établi un nouveau record face au dollar vendredi matin, passant au-dessus de la barre de 1,41 dollar sur les marchés des changes européens. Et, de l'avis des analystes, il ne devrait pas s'arrêter là, malgré les inquiétudes de certaines entreprises tournées vers l'exportation comme Airbus.

Après avoir franchi pour la première fois la veille le seuil de 1,40 dollar, la monnaie unique européenne est montée jusqu'à 1,4119 dollar dans la matinée avant de fléchir à 1,4076 dans l'après-midi.

Si l'euro poursuit son ascension vers 1,45 dollar, Airbus devra trouver un milliard d'euros d'économies supplémentaires, a averti le directeur général de l'avionneur. Fabrice Brégier a souligné que le programme de restructuration d'Airbus, mis en oeuvre cette année et qui doit permettre de dégager deux milliards d'euros d'économies par an, est fondé sur un taux de change de 1 euro pour 1,35 dollar.

"Ce que nous souhaitons, c'est que l'euro ne se renforce pas", a précisé M. Brégier, avertissant qu'une poursuite de la hausse de l'euro pourrait contraindre Airbus à des délocalisations.

"Un euro aussi fort ne peut pas faire de bien à l'économie européenne", a estimé de son côté Paulo Scaroni, le patron du groupe italien Eni, cité par l'agence italienne ANSA.

En visite en Chine, la ministre française des Finances Christine Lagarde a espéré que la Banque centrale européenne (BCE) réfléchirait aux conséquences de l'appréciation de l'euro et réagirait "en conséquence" lors de sa prochaine réunion de politique monétaire.

Jeudi, le président français Nicolas Sarkozy avait une nouvelle fois critiqué la force de l'euro et la tendance de la BCE à faire passer la lutte contre l'inflation avant le soutien de la croissance économique. Il a suggéré que la BCE prenne exemple sur la Réserve fédérale américaine en abaissant ses taux.

Même si l'Allemagne reste fermement attachée à l'indépendance de la Banque centrale européenne, elle semble devenir plus sensible au problème posé par le niveau élevé de l'euro. Son ministère des Finances a souligné jeudi que la croissance des exportations allemandes avait perdu de sa vigueur du fait de la hausse de la monnaie européenne.

Vendredi, le dollar perdait également du terrain face à d'autres devises, atteignant le niveau de parité avec le dollar canadien pour la première fois depuis 1976, avant de remonter légèrement.

Cet accès de faiblesse du billet vert intervient après la décision de la Fed mardi de réduire d'un demi-point son principal taux directeur, une baisse plus forte que les analystes ne le prévoyaient visant à limiter l'impact de la crise des crédits immobiliers à risque "subprime" sur l'économie américaine.

Selon les analystes, "la Fed devrait continuer à baisser ses taux dans les prochains mois", explique Howard Archer, chef économiste pour l'Europe à Global Insight. Des taux d'intérêt plus bas peuvent aider à relancer l'économie, mais aussi affaiblir une devise en réduisant le rendement des investissements libellés dans la monnaie concernée.

Un euro plus fort pourrait nuire aux exportations européennes, en particulier vers les Etats-Unis, en rendant les produits du Vieux Continent plus cher pour le consommateur américain. Il augmente également le coût des séjours en Europe pour les touristes américains.

Le discours du patron de la Fed, Ben Bernanke, au Congrès américain jeudi n'a pas dissipé les craintes sur l'économie américaine, souligne David Jones, chef analyste de CMC Markets à Londres. Ses propos ont au contraire "ranimé la crainte de possibles mauvaises nouvelles supplémentaires à venir concernant le marché du crédit subprime aux Etats-Unis".

Ces craintes accentuent la pression sur le dollar, poussant les acheteurs à s'orienter vers l'euro et la livre sterling. Selon Howard Archer, un euro à 1,45 dollar avant la fin de l'année est tout à fait envisageable. Même si on ne peut pas vraiment parler de crise pour le dollar, "la confiance dans le billet vert a été sérieusement ébranlée", renchérit M. Jones. AP

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