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actu & culture


PARIS - vendredi 05 octobre 2007 à 14h03

Emmaüs et la Fondation Abbé Pierre dénoncent l'exclusion des sans-papiers des centres d'accueil d'urgence



Emmaüs et la Fondation Abbé Pierre dénoncent l'adoption au Sénat de la loi sur l'immigration et notamment l'article 21 qui interdisant aux sans-papiers de séjourner dans les centres d'accueil d'urgence.

Le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, a lui-même jugé vendredi que cet article "posait problème" et qu'il serait modifié ou supprimé.

"L'abbé Pierre l'avait dit: 'si une loi est injuste, vous n'êtes pas obligés de l'appliquer. Eh bien, c'est exactement ce qui va se passer si cette loi est adoptée en l'état par le Parlement", a prévenu vendredi le délégué général de la Fondation Abbé Pierre Patrick Doutreligne.

"Nous sommes choqués. L'article 21 modifie un des fondements de la République qui dit que pour le secours, c'est l'homme qui prime, pas sa situation administrative", a déclaré M. Doutreligne à l'Associated Press.

"Autant il est logique que dans l'attribution de logements sociaux on privilégie les personnes en situation régulière, autant il est extrêmement choquant qu'on applique cette règle à l'urgence. Cela trouble l'idée qu'on peut se faire d'une France des droits de l'Homme", a-t-il ajouté.

"Je pense qu'il s'agit d'un affichage, à moins qu'on fasse des descentes dans les centres d'hébergement d'urgence. Mais si tel était le cas, on aura franchi un pas de plus dans l'impensable", a-t-il poursuivi. "Tout le monde s'est focalisé sur l'ADN, et quelque part, on se demande si ça n'a pas été un écran de fumée pour faire passer autre chose".

Et de mettre en cause le sommet de l'Etat. "A partir du moment où la commission des lois du Sénat avait donné un avis défavorable, ce n'est pas une dérive parlementaire. Il y a donc une responsabilité du gouvernement, voire de la présidence de la République, pour assumer cette loi".

Du côté d'Emmaüs France, l'un des porte-parole de l'organisation caritative, Valérie Fayard, parle d'un article "inadmissible" et rappelle que la base de l'action de l'association repose "sur l'accueil inconditionnel d'une souffrance. Quelle que soit la situation administrative ou le parcours des personnes en détresse, nous les accueillons".

"On a déjà eu des soucis à ce sujet, avec des compagnons arrêtés car ils étaient en situation irrégulière. Mais nous accueillons le plus souffrant, quelle que soit sa situation administrative", a-t-elle ajouté, soulignant que ce principe "continuera à s'appliquer". AP

god/mw