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Unies sur le constat que "la volonté politique manque" pour répondre aux besoin d'hébergement des personnes en détresse, les principales associations du secteur seront réunies mardi par François Fillon qui souhaite les rassurer après plusieurs jours de polémique avec la ministre du Logement Christine Boutin.
"Le Premier ministre souhaite rassurer les associations sur le fait que les engagements du gouvernement seront tenus", expliquait lundi Matignon à la veille de la rencontre. La réunion interviendra trois jours après l'intervention des forces de l'ordre pour démonter le campement de tentes qu'avaient tenté d'installer samedi les Enfants de Don Quichotte le long de la Seine à Paris et alors que le plan grand froid restait en vigueur sur une trentaine de départements.
A la veille de la réunion de Matignon, Mme Boutin a réuni lundi des associations qui ne seront pas là mardi, comme la Croix-Rouge et l'Armée du Salut.
Mardi, les discussions réuniront autour de François Fillon et Christine Boutin les représentants de ATD-Quart Monde, de la Fondation Abbé-Pierre, du Secours catholique, de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS), de l'UNIOPSS (Union nationale interfédérale des oeuvres et organismes privés sanitaires et sociaux) et des Enfants de Don Quichotte.
L'ordre du jour portera sur la question de l'hébergement des sans domicile fixe, l'application, à partir du 1er janvier, du droit au logement opposable (DALO) ainsi que les conclusions de la "conférence de consensus" organisée fin novembre sous l'égide de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS).
Sur tous ces points, François Fillon devrait se trouver face à un front uni, les associations considérant que les réponses sont connues et qu'il faut désormais un engagement politique fort et inscrit dans la durée pour les appliquer. "Toutes les mesures existent, seule manque la volonté politique", insiste Christophe Robert, directeur des études à la Fondation Abbé-Pierre. "Le diagnostic, il est fait, les solutions, elles sont esquissées (...) et il me semble qu'on peut avoir des marges de progrès dans les politiques à venir", a confirmé lundi soir le Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté Martin Hirsch, interrogé sur RTL. "On ne peut pas reporter les choses d'hiver en hiver."
Les associations attendent des réponses sur trois points essentiels, à savoir l'accélération de la création de logements sociaux, l'amélioration de la prévention contre les expulsions et la prise en charge sur le long terme des SDF. "Notre demande, c'est qu'une vraie politique de fond soit engagée pour que tout le monde puisse avoir accès au logement", explique Martin Choutet des Enfants de Don Quichotte.
Tous pointent également le retard pris sur les plans engagés: la moitié seulement des 12.000 places en "maison-relai" prévues sont disponibles, l'autre étant promise par le ministère du Logement pour 2008. Quant aux places d'hébergement, dont le nombre a fait l'objet d'une polémique entre Christine Boutin et le fondateur des Enfants de Don Quichotte Augustin Legrand, il "reste insuffisant", dénonce le Secours catholique dans un communiqué. Avec le plan grand froid, "on a ouvert des gymnases, alors tout à coup on a des places, mais est-ce que ces places-là sont réellement adaptées aux besoins?", interroge Martin Choutet.
"Il ne faut pas que le travail se résume à la mise à l'abri" en période de grand froid, s'inquiète aussi la présidente de la FNARS Nicole Maestracci, reprenant une autre revendication: que les différents volets soient menés de front, pour que les gens puissent passer à un hébergement de plus en plus stable. "Un tiers des personnes qui sont dans les foyers sont là parce qu'elle ne trouvent pas de logement", constate Christophe Robert, qui espère des "annonces fortes", notamment sur la création de logements sociaux.
AP
lp/cov/sb
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