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Dans le sillage du déclin de Wall Street la semaine dernière, les bourses asiatiques et européennes ont plongé lundi sur fond d'inquiétudes et de scepticisme des investisseurs quant au plan de relance de l'économie américaine proposé par George W. Bush pour prévenir une récession.
De Tokyo à Toronto, en passant par Paris, l'ensemble des places boursières accusaient une baisse.
A Tokyo, l'indice Nikkei des valeurs japonaises a perdu 535,35 points, soit une baisse de 3,86%, à 13.325,94 points à la clôture, son plus bas niveau depuis plus de deux ans.
En Chine, l'indice composite de la bourse de Shanghaï a chuté de 5,1%, cédant 266,07 points à 4.914,44. Jamais depuis le 5 juillet, la glissade n'avait été aussi forte.
Le recul a aussi affecté Hong Kong, l'indice Hang Seng s'effondrant de 5,49% à 23.818,86 points. Il s'agit de la plus forte baisse enregistrée en une seule journée sur cette place boursière depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
A Mumbai (ex-Bombay), les inquiétudes sur les risques de récession aux Etats-Unis ont fait plonger l'indice Sensex de 7,4% -la deuxième plus forte baisse de son histoire- à 17.605,35 points. Le précédent record de baisse remontait au 18 mai 2006, date à laquelle le Sensex avait chuté de 826 points, soit un recul de 6,76%.
Les marchés subissaient également une dégringolade en Corée du Sud, en Australie, à Singapour, à Taïwan et aux Philippines. Baisse qui s'est poursuivie en Europe.
La palme européenne du recul est revenue lundi à la Bourse de Madrid, qui a abandonné 7,5%, à 12.625,8 points. A Paris, le CAC 40 a chuté de 6,8% à la clôture, à 4.744,45 points. En Allemagne, le DAX 30, l'indice phare de la Bourse de Francfort, s'est replié de 7,2%, à 6.790,19 points, tandis qu'à Londres, le FTSE 100 ou Footsie a terminé en baisse de 5,5%, à 5.578 points.
De l'autre côté de l'Atlantique, l'indice phare à Toronto, le S&P/TSX composite, plongeait de 599 points en fin de matinée, soit 4,70%, à 12.137,80 points. Les marchés américains étaient eux fermés en raison de la fête à la mémoire de Martin Luther King.
"La situation est une situation qui est sérieuse", a souligné Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), reçu à l'Elysée par le président français Nicolas Sarkozy. "Les marchés n'ont pas réagi positivement aux propositions qui ont été faites" par le président Bush. "Dans une certaine mesure c'était peut-être un peu prévisible, mais le président Bush a voulu tenter cette solution-là", a-t-il noté.
Pour Philippe d'Arvisenet, chef économiste chez BNP Paribas, la panique généralisée des Bourses lundi marque pour ainsi dire la deuxième phase de la crise des crédits hypothécaires à risque ("subprime") aux Etats-Unis, entamée l'été dernier.
"C'est une nouvelle journée horrible", commentait pour sa part Francis Lun, de Fulbright Securities à Hong Kong, où l'indice Hang Seng avait plongé de 5,4% mercredi dernier. "Aujourd'hui, (le recul est dû) à la déception" des investisseurs vis-à-vis du plan de relance de l'économie américaine, jugé trop faible et "trop tardif". "Les investisseurs ont le sentiment qu'il ne permettra pas à l'économie de se rétablir".
Vendredi à la bourse de New York, l'indice Dow Jones des valeurs industrielles avait terminé la séance à 12.099,30 points, en baisse de 59,91 points, soit 0,49%, par rapport à la clôture de la veille. De son côté, l'indice Nasdaq des valeurs technologiques avait perdu 6,88 points, soit 0,29%, à 2.340,02, par rapport à la clôture de jeudi, certains analystes avertissant que le marché américain pourrait connaître une période de déclins prolongés.
Dans la journée, George W. Bush avait proposé des réductions d'impôts pour stimuler l'économie et conjurer le spectre d'une récession aux Etats-Unis. Dans un discours à la Maison Blanche, le président américain avait précisé que pour être efficace, ce plan nécessitant l'aval du Congrès devait représenter environ 1% du produit intérieur brut (PIB) américain, soit selon les conseillers du président, environ 145 milliards de dollars (99 milliards d'euros).
"Les gens sont certainement inquiets" devant le risque "potentiel qu'une "récession aux Etats-Unis ne s'étende au reste du monde", observait lundi David Cohen, directeur d'Asian Economic Forecasting at Action Economics à Singapour.
Outre le pessimisme suscité par le plan proposé par le chef de la Maison Blanche, les investisseurs sont également sceptiques après les propos du président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke, qui a déclaré qu'elle était prête à agir vigoureusement -à savoir une probable baisse forte des taux d'intérêt en janvier- afin de soutenir une économie mal en point sur les marchés du logement et des crédits. AP
ma/cr/v294/sb/cr/v352/398/sll/v-cpf
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