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actu & culture


KIEV, Ukraine - mardi 04 mars 2008 à 20h27

Gaz: le conflit avec Gazprom n'affectera pas l'Europe occidentale, selon Kiev



Le conflit gazier entre la Russie et l'Ukraine s'est aggravé mardi, avec une nouvelle réduction des approvisionnements de Gazprom vers Kiev. Après avoir menacé de détourner une partie du gaz qui transite par son territoire à destination de l'Europe occidentale, la compagnie urkrainienne a affirmé dans la soirée que les livraisons à l'Europe ne seraient finalement pas affectées.

Gazprom a imposé une nouvelle réduction de 25% de ses livraisons à l'Ukraine mardi, après les avoir déjà réduit d'environ un tiers la veille. Le géant russe a mis à exécution sa menace, après avoir fixé un ultimatum à l'Ukraine pour qu'elle s'acquitte d'une dette de 600 millions de dollars (395 millions d'euros) et signe les contrats régissant les livraisons futures d'ici la fin de la journée.

La majeure partie du gaz acheté par l'Europe occidentale à la Russie transite par l'Ukraine. Gazprom a promis que son conflit avec l'Ukraine n'affecterait pas ses partenaires européens.

Après avoir menacé de détourner une partie du gaz destiné à l'Europe, Dimitro Marounich, porte-parole de la compagnie gazière ukrainienne Naftogaz, a expliqué mardi soir que l'Ukraine disposait de réserves suffisantes et qu'elle n'aurait pas besoin de recourir à cette pratique.

Seul environ un quart du gaz importé par l'Ukraine est d'origine russe, le reste venant du Turkménistan et du Kazakhstan, mais par des gazoducs de Gazprom. En réduisant son approvisionnement de plus d'un quart, Gazprom diminuerait apparemment les livraisons de gaz russe mais aussi d'Asie centrale.

Selon Dimitro Marounich, réduire le gaz provenant d'Asie centrale "enfreint de manière grossière les accords techniques entre les deux compagnies". Le porte-parole de Gazprom, Sergueï Kouprianov, avait pour sa part prévenu que la nouvelle réduction de 25% entrerait en vigueur à 20h00 locales (17h00 GMT) si aucun accord n'était signé.

Gazprom soutient que le conflit ne porte que sur des enjeux commerciaux, mais cette nouvelle dispute intervient au surlendemain de la victoire de Dimitri Medvedev, qui est aussi le président de son conseil d'administration, à l'élection présidentielle russe.

A Washington, le porte-parole du département d'Etat américain Tom Casey a appelé à la résolution du conflit. "Couper ou réduire les fournitures de gaz ne semble pas être le meilleur moyen, je pense, pour régler" le litige, a-t-il précisé devant la presse.

Au cours des dernières années, Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev ont accentué le contrôle du Kremlin sur Gazprom et ont utilisé la compagnie pour étendre à l'étranger l'influence politique et économique de la Russie. Ces nouvelles réductions d'approvisionnement semblent indiquer que le futur chef du Kremlin entend maintenir la pression sur le voisin ukrainien tenté par un rapprochement de l'Occident et une candidature à l'OTAN.

Le mois dernier, Gazprom avait déjà menacé de couper l'approvisionnement de l'Ukraine en raison d'une dette de 1,5 milliard de dollars (990 millions d'euros). Le conflit coïncidait avec une visite du président ukrainien Viktor Iouchtchenko à Moscou, et avait été évité grâce à un accord de dernière minute entre Iouchtchenko et Vladimir Poutine. Mais les documents officialisant l'accord n'ont pas encore été signés par Naftogaz. AP

ma/jp/v328/lma




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