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Le Fond d'investissement Finzürich, basé au Costa Rica, a été retenu jeudi par le tribunal de commerce de Romans-sur-Isère (Drome), par les quatre offres de reprises présentées, pour reprendre le fabriquant de chaussures Charles Jourdan.
Le projet monté par Finzürich prévoit de reprendre 130 des 197 salariés licenciés après la liquidation de l'entreprise en décembre 2007 et un investissement de 15 millions d'euros.
Selon René Renda, ancien cadre de Charles Jourdan et consultant du groupe Finzürich, la production pourrait reprendre d'ici six semaines environ. "L'objectif sera dans un premier temps de 40.000 paires par an et de 150.000 paires dans trois ans", a-t-il expliqué.
Bénédicte Jourdan, petite fille du créateur de la marque, qui redoutait que l'entreprise soit vendue à la découpe et soutenait l'offre Finzürich, avec une partie des syndicats, s'est félicitée de la décision du Tribunal. "Charles Jourdan renaît" a-t-elle déclaré à la sortie de la salle d'audience.
Dans un communiqué commun, Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi et Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé des Entreprises et du Commerce extérieur, se sont félicité du choix d'une "offre d'acquisition globale qui s'inscrit dans une volonté de relance tant industrielle que commerciale", y voyant "un signe fort d'espoir qui doit marquer le renouveau du cuir et de la chaussure dans la région de Romans".
"Il appartient désormais à tous les acteurs socioprofessionnels de cette filière de se mobiliser pour que le projet présenté par Finzürich réussisse. L'Etat, en ce qui le concerne, accompagnera, dans ses domaines de compétence, cette entreprise", conclut le communiqué.
Pour le syndicat CGC de Charles Jourdan, ce projet était également le plus intéressant pour les salariés et le plus viable d'un point de vue industriel.
Outre le projet de Finzürich, le tribunal avait le choix entre trois autres projets. celui de Yann-Bastien Productions, associé à une société d'exploitation de licences et à un réseau de distribution, qui proposait le rachat de l'outil de production pour en faire une plate-forme de sous-traitance en reprenant 55 salariés, celui de la Sacma, entreprise d'agencement de magasins de Saint-Etienne, prévoyait une reprise de la production avec 62 personnes et enfin, celui de deux anciens salariés proposait de faire redémarrer l'entreprise et d'ouvrir un "musée du vivant", grâce notamment à une souscription publique qui avait déjà récolté 60.000 euros.
Charles Jourdan avait été placé en liquidation le 17 décembre dernier après trois redressements judiciaires en cinq ans. AP
boi/nc
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