Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
A deux jours de la Journée internationale de la femme samedi, une cinquantaine de dirigeantes du monde entier ont plaidé jeudi à Bruxelles pour un rôle politique accru des femmes lors d'une conférence sur le rôle de celles-ci dans "la stabilisation d'un monde incertain".
"En tant que femmes dont la voix compte, nous avons un rôle à jouer", a déclaré la commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner, hôte de la réunion, en présence de femmes chefs d'Etat, ministres, responsables d'organisations internationales, chefs d'entreprise ou encore militantes de la société civile. "Nous devons relever le défi et pousser pour le changement, car si nous ne le faisons pas, qui d'autre le fera?"
Les femmes sont souvent les premières à souffrir dans les situations de guerre, pauvreté ou catastrophes naturelles, a noté la commissaire autrichienne. "Les femmes sont souvent les membres les plus vulnérables de la société, sujettes aux discriminations et aux abus comme des pratiques traditionnelles nuisibles ou le châtiment par lapidation", a-t-elle expliqué, ajoutant que les femmes au pouvoir devaient "donner leur voix pour celles qui autrement seraient sans voix".
La présidente finlandaise Tarja Halonen a appelé les participantes -parmi lesquelles figurait notamment la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice- à ne pas oublier la promotion des droits des femmes dans le cadre de leurs échanges avec d'autres pays. Elle a souligné que le droit des femmes à l'éducation et leur représentation restaient un gros problème en Afghanistan.
Le Premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko a de son côté estimé que les femmes pouvaient proposer une autre manière de gouverner susceptible d'être utilisée pour prévenir les conflits. "Faire usage de la force n'est pas un signe de force, mais plutôt de faiblesse", a-t-elle affirmé. "Il appartient aux femmes de rompre avec ces traditions et dogmes malsains et de conduire les gens sur un chemin différent."
De nombreuses participantes, la première dame d'Egypte Suzanne Moubarak en tête, ont demandé la mise en oeuvre par les Etats de la résolution 1325 de l'ONU, adoptée il y a huit ans, qui prône la participation des femmes à la résolution des conflits, surtout dans des régions en proie aux tensions comme le Proche-Orient.
Dans un communiqué, la Commission européenne appelle à la mise en oeuvre de cette résolution, soulignant que "la contribution que les femmes peuvent apporter à la sécurité de leur famille, de leur communauté et du monde est encore trop souvent ignorée".
L'exécutif européen demande également la "libération immédiate" de l'opposante birmane et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi ainsi que de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, et condamne le récent assassinat de l'ex-Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto.
Durant la conférence, la députée israélienne Amira Dotan s'est dite prête à travailler avec ses homologues palestiniennes, dont certaines étaient présentes à la conférence, "pour chercher de nouvelles initiatives, une nouvelle manière de penser", et résoudre le conflit israélo-palestinien.
Ana Palacio, vice-présidente de la Banque mondiale, a évoqué des statistiques de l'ONU montrant qu'une grande majorité de femmes dans les pays les plus pauvres d'Afrique et d'Asie ne déclaraient pas leurs nouveau-nés, qui se trouvent ainsi exclus des programmes de santé et d'éducation.
"Quatre naissances sur cinq ne sont pas enregistrées au Népal. En Afrique sub-saharienne, plus de la moitié des enfants ne le sont pas", a-t-elle expliqué. "Ce qui signifie qu'une personne qui n'existe pas légalement, ne peut être un acteur clé." AP
lma/v291/com
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|