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actu & culture


PARIS - lundi 10 mars 2008 à 15h25

UIMM: les instances dirigeantes du MEDEF affirment qu'elles ne savaient pas



L'instance dirigeante du MEDEF se range derrière sa présidente. Le bureau du Mouvement des entreprises de France, réuni lundi à Paris, a affirmé à l'instar de Laurence Parisot qu'il "ignorait tout des pratiques de l'ancien président du l'UIMM" Denis Gautier-Sauvagnac.

De son côté, Arnaud Leenhardt, ancien président de l'UIMM, a appuyé les propos de deux anciens dirigeants de la fédérations, déclarant à son tour que Denis Gautier-Sauvagnac avait fait état d'une conversation avec Laurence Parisot au sujet des versements en liquide de la fédération de la métallurgie avant septembre 2007, ce que nie formellement la présidente du MEDEF.

"A l'unanimité, le bureau du MEDEF confirme qu'il ignorait tout des pratiques de l'ancien président de l'UIMM. Il les réprouve à nouveau avec la plus grande fermeté et sans réserve", déclare l'instance dirigeante du MEDEF dans un communiqué diffusé lundi à l'issue de deux heures de réunion.

Juste avant, lundi en début de matinée, l'actuel président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Frédéric Saint-Geours et Mme Parisot se sont rencontrés en tête à tête sans que rien ne filtre de cet entretien.

Le MEDEF "réaffirme son attachement aux valeurs de transparence, de modernité et d'unité qui doivent caractériser le patronat du XXIe siècle" et "encourage sa présidente à poursuivre et amplifier sa politique de réconciliation des Français avec l'entreprise", ajoute le communiqué du bureau, dans lequel siègent des membres de l'UIMM.

"On travaille dans l'unité. Il n'y a pas de scission au sein du MEDEF, on avancera tous ensemble", a assuré devant la presse Hugues-Arnaud Mayer, président du MEDEF Auvergne, après la réunion.

Alors que Laurence Parisot demande toujours aux responsables de l'UIMM qui siègent dans les organismes paritaires de remettre leurs mandats, un autre porte-parole du MEDEF Jean-René Buisson a expliqué que "cette question sera traitée dans quelques temps".

"Bien sûr qu'il y a des problèmes au sein du patronat, mais on essaye de les régler sans que ça apparaisse comme une guerre permanente au sein du MEDEF", a-t-il ajouté.

Du côté de l'UIMM, plusieurs anciens dirigeants prennent la défense de Denis Gautier-Sauvagnac, et tentent de mettre en cause Laurence Parisot.

Ainsi, Arnaud Leenhardt, président de l'UIMM de 1992 à 1999, affirme à son tour dans "Le Monde" daté de mardi que M. Gautier-Sauvagnac a fait état d'une conversation avec Laurence Parisot à propos des versements en liquide de la fédération de la métallurgie avant septembre 2007, ce que nie la présidente du MEDEF.

"J'étais présent lorsque Denis Gautier-Sauvagnac nous a rapporté la conversation qu'il avait eue avec elle, à Daniel Dewavrin et à moi-même. J'ai entendu la même chose que Daniel Dewavrin", déclare M. Leenhardt, précisant que cette conversation a eu lieu en "mai ou en juin 2007".

Daniel Dewavrin, président de l'UIMM de 1999 à 2006, avait déjà dit la même chose, ce qui a conduit Mme Parisot à porter plainte contre lui et "DGS" ce week-end.

La présidente du MEDEF affirme avoir été mise au courant des retraits de plusieurs millions d'euros en liquide seulement en septembre, juste avant que l'affaire ne sorte dans la presse. Elle a annoncé samedi qu'elle portait plainte contre MM. Gautier-Sauvagnac et Dewavrin pour diffamation, les traitant de "sacrés menteurs" et de "vieille garde de l'UIMM".

"Pourquoi tant de haine et d'acharnement à démolir une organisation dont l'expertise est essentielle pour le patronat"?, demande M. Leenhardt dans "Le Monde" de mardi. "J'ai le sentiment d'assister au bal des hypocrites".

Alertés par Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère de l'Economie, les enquêteurs de la brigade financière ont pu établir jusqu'ici que près de 20 millions d'euros avaient été retirés en liquide des comptes de l'UIMM entre 2000 et 2007. Si la justice a retrouvé la trace de près de trois millions, celle des 17 autres reste inconnue. Aux enquêteurs, Denis Gautier Sauvagnac a expliqué que l'argent avait servi aux organisations participant à la vie sociale de la France, sans plus de précisions. Il est mis en examen dans cette affaire comme Dominique Reynaud, à l'époque chef comptable de l'UIMM. AP

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