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La direction d'ArcelorMittal pourrait annoncer vendredi prochain en comité d'entreprise la fermeture de l'aciérie électrique et du train à billettes de Gandrange (Moselle) d'ici 2009, provoquant la suppression de 595 des 1.108 emplois, a-t-on appris dimanche auprès d'Edouard Martin, délégué européen CFDT du groupe.
Selon lui, l'ordre du jour du CE porte sur l'évaluation du contre-projet syndical élaboré avec le cabinet Syndex dans la cadre de l'expertise demandée par la CGT, la CFDT et la CGC. Mais il semble que ce projet ne soit pas, a priori, retenu par la direction comme viable. Jeudi dernier, par la voix du directeur général d'ArcelorMittal France, Daniel Soury-Lavergne, il a été indiqué "qu'aucun repreneur ne s'est présenté".
Edouard Martin compte en tout se rappeler au bon souvenir de Nicolas Sarkozy qui s'était rendu en personne à Gandrange le 4 février dernier. "'Avec ou sans Mittal, l'Etat investira à Gandrange', nous a-t-il dit. Depuis, silence radio. Des rumeurs sur d'éventuels repreneurs et puis rien", a déploré le syndicaliste à l'Associated Press.
Lors de sa visite, le chef de l'Etat avait lancé: "S'il y a un plan alternatif, si ce plan montre une solution crédible, avec M. Mittal ou un autre, l'Etat préfère payer pour le site que pour le chômage. Nous sommes prêts à faire des investissements sur les machines, on mettra de l'argent dans l'outil de production, mais aussi pour la formation".
Jean-Pierre Masseret, président PS de la région Lorraine, qui soupçonne "des scenarii qui ont été mis en place (...) derrière le dos des organisations syndicales", a lui aussi rappelé M. Sarkozy à ses promesses. Le 4 février dernier, "il est venu, il a causé, il a fait acte de volontarisme industriel. Il ne peut pas, dans la situation actuelle, ne rien dire ou alors véritablement c'est qu'il s'est moqué des gens et je n'imagine pas un président de la République ne pas tenir les engagements", a dit M. Masseret dimanche sur France Info.
De son côté, M. Martin met moins en cause Lakshmi Mittal que les président et vice-président européens de la filière "long carbone Europe", à laquelle appartient le site de Gandrange. "Les décisions de réorganisation ont été prises par ces dirigeants, tous deux allemands. La production de Gandrange sera dirigée vers Duisbourg en Allemagne et Schifflange au Luxembourg", selon lui en ajoutant que subsistera notamment le centre de recherches ArcelorMittal qui compte plus de 300 salariés spécialisés.
Edouard Martin dénonce, une fois de plus, la gestion de Gandrange durant ces trois dernières années, "un cas d'école de ce qu'il faut faire pour fermer une usine. C'est un crime social organisé. C'est la première fois qu'on ferme une usine alors que la demande d'acier est soutenue dans le monde. Gandrange produit 1 million de tonnes par an. C'est vrai que les pertes en 2006 et 2007 ont été de 290 millions d'euros, mais il est possible d'investir", a-t-il dit.
Ce n'est pas la logique industrielle d'ArcelorMittal qui, semble-t-il, veut des aciéries très modernes. Le groupe indien prévoit, par exemple, d'investir dans les quatre ans 1,8 milliard de dollars pour la construction de deux sites en Egypte.
Une majorité d'emplois supprimés à Gandrange ira vers Florange situé à 15km et au Luxembourg à 40km. Reste que la pérennité de Florange (3.000 salariés) est aussi une source d'inquiétude pour les syndicats. "Nous allons poser des questions très bientôt", ajoute Edouard Martin. "Certes, l'année dernière, 65 millions d'euros ont été investis, mais ça ne suffit pas à nous rassurer. Plusieurs centaines de millions d'euros sont nécessaires", dit-il. AP
xbez/mw
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