Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
La croissance est en panne, le déficit se creuse et les perspectives ne sont pas brillantes, mais le gouvernement ne désespère pas surmonter la crise en gardant le cap des réformes et en s'appuyant sur le recul du chômage, un des rares indicateurs économiques au vert.
"Le plein emploi est la solution à tous les problèmes de notre pays", a affirmé François Fillon, qui a réuni la moitié de son gouvernement en séminaire pour faire passer le message: dans les mois à venir, toute l'action de son équipe sera tournée vers la lutte contre le chômage.
Le Parlement doit être saisi entre avril et juin de trois projets de lois majeurs en matière économique, avec la modernisation du marché du travail, la modernisation de l'économie et la réforme de l'intéressement et de la participation.
Le pari est que ces réformes structurelles, auxquelles s'ajoute l'allongement prévu de la durée de cotisation pour les retraites, permettront de limiter l'impact de la crise économique sans recourir au plan de rigueur déjà dénoncé par la gauche. "On voit bien que les mesures qui ont été prises, notamment l'été dernier, ont eu un impact positif", a mis en avant le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, insistant sur le fait que les prévisions pour la croissance française sont aujourd'hui "supérieures à ce qu'elles sont en Allemagne".
"Avec le plein emploi, on réduit la pauvreté (...), on a un marché du travail plus compétitif et donc une pression sur l'augmentation des salaires (et) on résout en grande partie la question de l'emploi des seniors", a fait valoir le Premier ministre.
Malgré ce volontarisme affiché et les coups de pouce déjà annoncés sur les petites retraites ou l'allocation adulte handicapé (AAH), le gouvernement prévoit de s'engager à "une tenue ferme" des dépenses publiques pour éviter un dérapage du déficit. Après avoir entériné l'impossibilité de maintenir le cap de 2,3% du PIB, François Fillon a confirmé le nouvel objectif de 2,5% pour cette année.
En revanche, le gouvernement planche déjà à "l'intégration de mesures d'économies" pour alléger le budget 2009, a prévenu le Premier ministre. Il n'a pas apporté de précision sur ce point, renvoyant au conseil de modernisation des politiques publiques qui sera présidé par Nicolas Sarkozy vendredi.
Mais l'assurance qu'il n'y aura pas de plan de rigueur ne convainc pas l'opposition. "François Fillon a du mal à passer aux aveux", a dénoncé le Premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, qui s'attend à des "coupes claires" dans les dépenses de l'Etat. "Un certain nombre d'engagements du président de la République ne seront pas tenus", a-t-il prédit, citant notamment le revenu de solidarité active, alors même que le Premier ministre s'est engagé la veille à mener à bien cette réforme.
Reste que l'impatience des Français, exprimée lors des municipales et des cantonales, porte essentiellement sur la dégradation du pouvoir d'achat et que le gouvernement ne propose pas de réponse immédiate. "Il n'y a pas besoin de parler de plan de rigueur pour que la rigueur soit là", a d'ailleurs observé le patron de la CGT Bernard Thibault à ce sujet. AP
lp/lat/mw
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|