Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID : Ok
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


PARIS - lundi 14 avril 2008 à 19h55

"Le Monde" en grève, les salariés réclament un nouveau plan de redressement


Agrandir l'image

Trois jours après la présentation officielle en CE d'un plan de redressement sévère, les salariés du "Monde" ont observé lundi un mouvement de grève sans précédent dans l'histoire du journal, accompagné de la non-parution du quotidien en kiosques.

Réunis en AG, ils ont exigé que les 130 suppressions d'emploi prévues par la direction se fassent uniquement sur la base du volontariat et demandé l'abandon du projet de cession d'entités du pôle magazine. Par 251 voix pour, quatre abstentions et zéro voix contre, ils ont voté une motion dans laquelle ils mandatent l'intersyndicale pour "négocier un nouveau plan de redressement".

Les salariés du "Monde" avaient déjà observé un arrêt de travail en 1976. Mais c'était la première fois depuis la création du quotidien en 1944 qu'ils faisaient grève pour un problème interne.

L'appel à la grève avait été lancé suite au plan de redressement 2008-2010 présenté vendredi par la direction devant le comité d'entreprise. Le projet prévoit notamment 130 suppressions d'emploi à la SEM (Société éditrice du Monde), dont les deux tiers à la rédaction, par le biais d'une procédure de départs "volontaires" et "contraints", ainsi que la vente d'entités "déficitaires ou non stratégiques" (Fleurus Presse, Editions de l'Etoile, Danser, La Procure).

"Bien sûr que c'est un plan dur et je comprends tout à fait l'émotion qui est dans la maison. En même temps, chacun doit comprendre que nous sommes dos au mur", a affirmé lundi le président du directoire du groupe Eric Fottorino. "Il n'y a pas d'étages protégés: dans toutes les catégories de personnels, il y aura des efforts, des sacrifices qui seront demandés. Le plus grand danger serait de ne pas mener ce plan".

Le projet, misant sur "une économie structurelle minimum de 15 millions d'euros sur deux ans", soit l'équivalent du déficit 2007 estimé, a été exposé par le directoire. Un comité d'entreprise extraordinaire doit avoir lieu mardi.

"Il est en l'état pas acceptable ni admissible" qu'"on laisse la direction mettre en oeuvre des départs contraints sur des bases qui ne sont pas définies et qui pourraient être liées à un plan d'organisation qui, là aussi, mérite sérieusement d'être négocié et discuté", a souligné Michel Delberghe, de la CFDT. "Il faut un vrai débat sur la publicité", "l'imprimerie", "le numérique", a-t-il expliqué à l'Associated Press. "Les sacrifices qu'on nous demande sont mal répartis. Tous les efforts portent sur le quotidien".

Christiane Chombeau, déléguée du SNJ, a dénoncé "un plan purement comptable". "On décide de tant d'économies et service par service, on dissèque". Elle a déploré sur France Info que "la base (...) écope de toutes les mauvaises gestions des années passées". "La direction et la rédaction en chef (sont) quasiment épargnées", a-t-elle observé.

"Il faut que les choses soient équitablement réparties et si on dit que tout le monde doit faire des sacrifices, il faut que ce soit tout le monde", a déclaré dans le même sens à l'AP Béatrice Gurrey, présidente de la Société des rédacteurs du monde.

A l'occasion de la grève, des affichettes ont été placardées sur les vitres de l'immeuble du journal, à Paris. "Le Monde en grève, non aux 130 suppressions d'emplois", pouvait-on lire, tandis qu'un petit groupe de salariés a manifesté devant le siège. AP

cr/div/mw