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actu & culture


NANTES - mercredi 23 avril 2008 à 13h48

Blocage de ports français contre le projet de privatisation de la manutention



Mobilisation dans les ports français contre la réforme du gouvernement. La grève de 24 heures dans l'ensemble des grands ports du pays, initiée à l'appel de la CGT Ports et Docks était "bien suivie" mercredi dans près d'une trentaine de sites, a assuré Tony Hautbois, le secrétaire général adjoint de la fédération. Cette réforme, adoptée en conseil des ministres, prévoit le transfert à des opérateurs privés des opérations de manutention pour renforcer la compétitivité des ports français face à leurs voisins européens.

La mobilisation est "au niveau de celle du 26 mars", première journée de mobilisation du personnel des ports, qui avait vu 100% des grutiers et portiqueurs cesser le travail, selon la direction nationale de ports, a précisé M. Hautbois à l'Associated Press.

"Il y a 27 ou 28 ports en arrêt total comme nous l'annoncions", s'est réjoui Daniel Lefebvre, secrétaire général du syndicat CGT Ports et Docks. "Les ports autonomes mais aussi les ports décentralisés ont répondu à l'appel de la CGT: il y a des initiatives dans chaque région, dans chaque département littoral, a-t-il précisé, citant notamment Le Havre, Dunkerque et Marseille. "Le trafic français est quasiment bloqué", poursuit-il, "sauf le trafic passager qui n'est pas impacté. Nous ne voulons prendre personne en otage".

Comme à Marseille, le port de Nantes-Saint-Nazaire est "entièrement paralysé", a affirmé Yves Tual, secrétaire fédéral CGT. Selon lui, la grève est "très bien suivie. Il y a une large mobilisation des personnels dockers et du port autonome". Environ 300 personnes bloquent l'accès au terminal agro-bois de Cheviré, à Nantes. Des pneus enflammés à une entrée empêchent toute entrée ou sortie.

Les barrages seront levés "dans le milieu de l'après-midi", assure le secrétaire fédéral CGT. "L'opération est une réussite de toute façon", estime-t-il, puisque "aucun bateau ne sera traité" mercredi.

Le personnel de manutention proteste contre le projet de réforme qui prévoit le transfert à des opérateurs privés des opérations de manutention pour renforcer la compétitivité des ports français face à leurs voisins européens.

Le ministère des Transports estime que cette réforme et les 445 millions d'euros qui seront consacrés à la modernisation des ports doit permettre de passer de 3,6 millions de conteneurs traités en 2006 à 10 millions en 2015, ce qui pourrait se traduire par la création à terme d'environ 30.000 emplois. La CGT réplique que ce même argument avait été opposé aux dockers en 1992 pour la réforme de leur statut et qu'on avait enregistré au final 4.000 suppressions de postes.

Le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a assuré mercredi que "ce plan n'a pas vocation à faire de la régression sociale", mais qu'il veut que les ports français reprennent des parts de trafic et soient "les meilleurs d'Europe". "On va faire du sur-mesure pour faire en sorte que personne ne reste sur le quai, mais qu'on développe fortement les possibilités d'emploi", a-t-il martelé sur RMC-Info et BFM-TV. "Chaque port aura trois mois pour mettre au point son plan et deux ans pendant lesquels se font les transferts". AP

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