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Piratage, propriété intellectuelle et violation de copyright seront parmi les gros dossiers abordés à compter de jeudi par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, en visite en Chine à la tête d'une importante délégation sur fond de tension avec Pékin autour de la question tibétaine.
Contrairement aux Etats-Unis, l'Union européenne est restée sereine sur le dossier du piratage chinois de la propriété intellectuelle, des marques et des brevets des entreprises, mais le sujet ne manquera pas d'être abordé durant cette visite consacrée aux questions économiques et commerciales.
L'UE estime que le piratage représente une perte de chiffre d'affaires de 21 milliards d'euros pour ses entreprises, ce qui représente un tiers des exportations de l'Union vers la Chine. Mais contrairement à Washington, l'UE n'a pas engagé de poursuites contre Pékin à ce sujet devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
L'UE a toutefois placé la Chine dans la catégorie des pays les pires en matière de violation de la propriété intellectuelle. Pékin est le seul gouvernement épinglé dans cette catégorie, 80% des produits contrefaits importés dans l'UE étant de fabrication chinoise.
Par ailleurs, les Européens se plaignent que le yuan chinois est sous-évalué, contribuant à gonfler le déficit commercial de l'UE, qui a atteint 170 milliards d'euros en 2007. L'Union note également qu'investir en Chine s'accompagne souvent de l'obligation de créer des entreprises communes et de transférer des technologies.
Avant le départ de M. Barroso, qui se rend en Chine à la tête d'une délégation de neuf commissaires européens, dont celui au Commerce Peter Mandelson, le principal groupe de pression patronal de l'UE, BusinessEurope, a appelé les deux parties à "placer les taux de change, le commerce et les investissements au centre de leurs relations".
"Un régime de devises plus souple est essentiel pour rééquilibrer l'économie chinoise, permettant une appréciation plus rapide de la devise chinoise", a jugé Ernest-Antoine Seillière, président de BusinessEurope. Il appelle également M. Barroso à pousser la Chine à participer aux efforts internationaux contre le changement climatique, l'empire du Milieu étant désormais le premier pollueur de la planète devant les Etats-Unis.
De son côté, Peter Mandelson a critiqué à plusieurs reprises les ventes de produits de contrefaçon en Chine, dont les entreprises occidentales font les frais. Pour remédier au problème, il a proposé une coopération à la Chine visant à renforcer l'application des lois chinoises sur le piratage en fournissant formation et expertise.
"Il est important d'offrir aux Chinois toutes les possibilités de mettre de l'ordre dans leur maison", explique Luc Devigne, responsable des questions de propriété intellectuelle à la Commission. "Nous ne sommes pas toujours convaincus qu'il y ait une volonté d'éradiquer le piratage."
La visite de la délégation européenne intervient dans un contexte de refroidissement des relations sur la question des droits de l'homme. La répression des manifestation au Tibet a suscité des appels au boycottage de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin. Après le fiasco du passage de la flamme olympique à Paris, des manifestations anti-françaises ont eu lieu ces derniers jours en Chine devant des hypermarchés du groupe français Carrefour. AP
lma/v/nc
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