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La gauche et les syndicats ont vivement critiqué vendredi l'annonce de Nicolas Sarkozy de financer le revenu de solidarité active (RSA) en diminuant l'accès à la prime pour l'emploi des salariés, alors que le Haut-commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch s'est en revanche montré satisfait d'"approcher de l'objectif" de financement de son projet.
"Le président a dit qu'il allait dégager des ressources nouvelles, entre 1 et 1,5 milliard d'euros et par ailleurs qu'on pouvait peut-être recentrer un certain nombre d'aides pour en faire bénéficier les plus modestes. Donc on s'approche de l'objectif", a souligné sur RTL M. Hirsch, qui avait estimé dans un premier temps le budget nécessaire entre deux et trois milliards d'euros.
Interrogé sur le fait de supprimer de la prime pour l'emploi pour certains, le Haut-commissaire aux Solidarités actives a dit avoir "toujours pensé qu'il y avait un certain nombre de personnes pour lesquelles la prime pour l'emploi n'avait pas l'utilité qu'elle pouvait avoir à ceux qui sont les plus modestes".
Au Parti socialiste, l'idée de ce financement a soulevé une levée de boucliers. Bien que reconnaissant que le RSA une "idée bonne" à l'origine, le maire de Paris Bertrand Delanoë a reproché à M. Sarkozy de vouloir "déshabiller Pierre pour habiller Paul". "C'est extrêmement inquiétant dans un pays où depuis six ans (...), il y a un développement du travail précaire" pour "une couche importante de la société qui s'appauvrit tout en ayant du travail. Ce n'est sûrement pas sur eux qu'il faut prendre le financement du RSA, mais en annulant le paquet fiscal", a-t-il dénoncé sur RTL.
"Je veux rassurer sur ce point-là. On n'est pas en train de déshabiller Pierre pour habiller Paul. On est en train d'habiller Pierre et d'habiller Paul", a répondu M. Hirsch. "Pierre, c'est celui au RMI et qui n'arrive pas à retravailler. Paul, c'est celui qui travaille aujourd'hui et qui reste travailleur pauvre".
Interrogée sur France Inter, Ségolène Royal a jugé qu'avec les "15 milliards" d'euros du paquet fiscal, on aurait pu "doubler la prime pour l'emploi pour les huit millions de salariés. Lui (Nicolas Sarkozy, NDLR), il vient de dire le contraire: on va supprimer la prime pour l'emploi pour quatre millions de salariés". "C'est quand même très grave. Il fait de la redistribution entre les précaires et entre les gens modestes, au lieu de reprendre aux plus riches pour redonner aux plus pauvres", a-t-elle déploré.
Côté syndical, le secrétaire général de la CFDT François Chérèque "s'inquiète" de ce dispositif: "on a annoncé une bonne nouvelle, le RSA, mais (aussi) une mauvaise (...): on va financer pour les plus pauvres leur accès au travail en enlevant de l'argent aux plus modestes". "Alors qu'on avait fait le bouclier fiscal pour les plus riches, donner ce sentiment qui est juste d'aider les plus pauvres en enlevant au plus modestes, c'est une image qui va être détestable pour ces populations-là", a-t-il prévenu sur RTL.
Le secrétaire confédéral de la CGT Jean-Christophe Le Duigou a regretté lors d'un entretien à l'Associated Press qu'"on prenne aux salariés modestes pour financer un dispositif pour les salariés privés d'emploi, ce qui est profondément injuste". AP
lat/ljg/mw
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