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La libéralisation souhaitée par le gouvernement dans le secteur de la grande distribution se fera en "coproduction" avec les parlementaires, a assuré dimanche la ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui a cherché à rassurer une majorité qui montre des inquiétudes sur ce dossier.
"C'est dans un contexte de coproduction que nous allons travailler" avec les parlementaires, a promis la ministre sur le plateau du "Grand jury" RTL-LCI-Le Figaro, alors qu'elle présentait les grandes lignes de son projet de loi de modernisation de l'économie qui sera adopté lundi en conseil des ministres.
"Bien sûr qu'on va travailler ensemble, qu'on va (...) affiner ce texte", a lancé Mme Lagarde, interrogée sur les réticences exprimées par certains membres éminents de la majorité.
Patrick Ollier, le président UMP de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, met notamment en avant dimanche, dans "Le Journal du dimanche", les doutes des députés, notamment sur la levée des autorisations aujourd'hui nécessaires à l'implantation des grandes surfaces entre 300m2 et 1.000m2.
Ce volet du projet de loi "veut permettre à des distributeurs qui ne sont pas implantés (en France aujourd'hui) de s'implanter sans contrainte" et notamment les chaînes de hard-discount susceptibles de faire baisser les prix, a répondu la ministre.
Se voulant rassurante, elle a pris soin de rappeler que son projet prévoyait d'améliorer le fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce destiné à aider les petits commerces de centre-ville.
Quant aux petits producteurs, qui craignent de ne pouvoir résister à la pression des grands magasins dans les négociations, ils seront protégés par la nouvelle Autorité nationale de la concurrence, qui disposera de "pouvoirs de sanction renforcés", a-t-elle souligné.
Interrogée sur l'ouverture des magasins le dimanche, elle a souhaité que la question soit tranchée non par un projet de loi gouvernemental, mais après discussion de la proposition de loi imaginée par le député UMP Richard Mallié. "C'est à ce texte-là que nous consacrerons tout notre intérêt", a-t-elle promis. Sur le fond, elle a souhaité des expérimentations et des adaptations locales.
Christine Lagarde a longuement défendu son projet de loi en mettant en avant le manque de concurrence dans le secteur de la distribution en France et ses conséquences pour les consommateurs. Selon elle, "une boîte de 400g d'une pâte à tartiner bien connue" est vendue en France au double du prix pratiqué en Allemagne. "Il y a quelque part, un bénéfice dont les consommateurs doivent pouvoir bénéficier".
La ministre de l'Economie a en revanche refusé de se prononcer sur le coût du Revenu de solidarité active ni sur l'ampleur du "recentrage" de la prime pour l'emploi annoncé par Nicolas Sarkozy pour le financer, renvoyant la question à l'arbitrage du Premier ministre.
Interrogée sur l'éventualité d'une baisse des cotisations chômage pour compenser une hausse des cotisations finançant les retraites, elle s'est montrée très réservée. Selon elle, "l'UNEDIC doit commencer par apurer ses pertes" avant de "se poser la question, avec les pouvoirs publics, de savoir à quoi est réaffecté le supplément de recettes." AP
lp/mw
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