Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID : Ok
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


BERNE - mardi 29 avril 2008 à 18h57

La crise alimentaire dans la ligne de mire de l'ONU


Agrandir l'image

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a annoncé mardi la mise en place d'un groupe de travail chargé de s'attaquer à la crise alimentaire mondiale et d'empêcher la survenue "de troubles sociaux d'une ampleur sans précédent".

Sa priorité sera de débloquer 755 millions de dollars (483 millions d'euros) pour que le Programme alimentaire mondial (PAM) puisse "nourrir les affamés", a-t-il précisé à l'issue d'une réunion à Berne avec des représentants onusiens et d'autres hauts responsables.

Le secrétaire général de l'ONU, qui présidera le groupe de travail, a expliqué que les participants s'étaient entendus sur une série de mesures sur le moyen et le long terme. "Sans un financement intégral" de ces mesures "d'urgence, nous risquons une fois encore" d'être confrontés au "spectre d'une grande famine, de malnutrition et de troubles sociaux d'une ampleur sans précédent", a-t-il fait valoir.

Les prix des denrées alimentaires, poussés vers le haut par l'augmentation du prix des carburants, l'imprévisibilité des conditions météorologiques et une demande accrue de l'Inde et de la Chine ont entraîné le déclenchement d'émeutes de la faim parfois meurtrières cette année dans les Caraïbes, l'Afrique et l'Asie.

L'urgence consiste aussi à assurer l'alimentation de demain en soutenant les agriculteurs des pays les plus pauvres. L'effort doit porter sur le continent noir, qui pourrait doubler sa production alimentaire en quelques années, a déclaré Ban Ki-moon lors d'un discours prononcé un peu plus tard au siège européen de l'ONU à Genève. Il en coûterait la somme "relativement modeste de huit à dix milliards de dollars (entre 5,1 et 6,4 milliards d'euros) par an", a-t-il argué. "Le fait est que l'Afrique est très loin d'être un continent perdu."

Certains pays africains ont déjà enregistré des progrès dans les domaines de la production alimentaire, de l'éducation des enfants et de la réduction de la mortalité infantile, a-t-il remarqué.

Outre les "prix de l'alimentation en hausse, nous voyons en même temps les fermiers des pays en développement planter moins, produire moins, du fait du coût des fertilisants et de l'énergie" qui monte en flèche, a observé le secrétaire général de l'ONU. "Nous devons faire tous les efforts pour soutenir ces fermiers afin que nous n'assistions pas dans l'année à venir à des pénuries alimentaires encore plus graves."

Pour expliquer la crise alimentaire actuelle, Ban Ki-moon a évoqué pêle-mêle le changement climatique, les longues périodes de sécheresse, la modification des modes de consommation dans les grands pays en développement et les cultures dédiées à la production de biocarburants. Pour lui, de nouvelles mesures doivent aller bien au-delà de la seule fourniture de secours alimentaires d'urgence.

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a élaboré un plan d'1,7 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros) pour fournir des semences aux fermiers des pays les plus pauvres. "Nous devons faire tous les efforts pour soutenir ces fermiers", a lancé le secrétaire général de l'ONU.

Il a exprimé l'espoir que les dirigeants de la communauté internationale participent en juin à une réunion à Rome pour trouver des moyens de soulager la crise alimentaire, soulignant qu'ils étaient précédemment restés sourds aux avertissements lancés par la FAO et autres. "Cette fois, les Nations unies dans leur ensemble mènent maintenant cette campagne pour traiter cette question", a-t-il affirmé.

Le président de la Banque mondiale Robert Zoellick, qui assistait à la réunion, a noté que 100 millions de personnes, selon les estimations, avaient été poussées vers la pauvreté ces deux dernières années. "Ce n'est pas une catastrophe naturelle", a-t-il souligné.

Il a ajouté que 475 millions de dollars (304 millions d'euros) avaient déjà été promis au PAM mais que davantage de fonds étaient nécessaires. "Le monde a les moyens", a-t-il lancé, et "je pense que nous avons" capté "l'attention de la communauté mondiale". AP

cr/v/st