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actu & culture


WASHINGTON - samedi 03 mai 2008 à 05h26

A Washington, François Fillon redoute les répercussions de la crise américaine sur la zone euro



En visite à Washington, le Premier ministre François Fillon a jugé "préoccupant" vendredi le ralentissement économique aux Etats-Unis, et demandé un "ajustement" des taux de changes entre le dollar, l'euro et le yuan chinois, afin de lutter contre la force actuelle de la monnaie européenne.

Evoquant la "crise américaine", M. Fillon a déclaré que "cette situation est une situation préoccupante", avant de s'alarmer de ses "répercussions".

"Ce sont des points de croissance ou des demi-points de croissance qui nous manquent et qui naturellement auront des conséquences sur le fonctionnement des économies", a-t-il constaté lors d'une conférence de presse.

Le chef du gouvernement a toutefois jugé que les prévisions de croissance en France, estimées "entre 1,7% et 2%", n'auraient pas besoin d'être revues à la baisse.

"Les indicateurs les plus récents montrent que le premier trimestre sera bon, voire même meilleur qu'attendu; en revanche, le deuxième trimestre devrait être plus difficile avec un premier impact du choc conjoncturel international", a-t-il expliqué.

"Donc, au total, nous pensons que notre prévision se tient, d'autant que nous avons des facteurs de résistances nombreux", a-t-il ajouté, citant "la situation financière des ménages et des entreprises qui est beaucoup plus saine en France qu'aux Etats-Unis", "la demande intérieure qui reste solide", "le marché du travail qui est dynamique" et "l'inflation qui est contenue".

En outre, le projet de loi de modernisation de l'économie "devrait se traduire par un minimum de 0,3% de point de croissance supplémentaire".

François Fillon a ensuite appelé à un "ajustement" des taux de changes entre les monnaies européenne, américaine et chinoise, pour abaisser le cours de l'euro.

"Comme nos amis américains, nous estimons que les fluctuations récentes ont été trop brutales. Le taux de change de l'euro est globalement surévalué", a-t-il souligné.

François Fillon devait ensuite s'entretenir avec le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson, le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke et le directeur du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn.

"Mon message est simple: la zone euro ne peut pas supporter seule le poids de l'ajustement de toutes les monnaies", a-t-il poursuivi. "Un ajustement plus équilibré est dans l'intérêt de toutes les parties, y compris des Chinois qui connaissent une forte croissance et une forte inflation".

Le Premier ministre français a souligné que "les autorités américaines répètent inlassablement que le dollar est trop faible et que l'économie américaine mérite un dollar plus fort". Il a donc appelé de ses voeux "les moyens de faire en sorte que cette affirmation se traduise dans les faits". AP

jp/fz/pf