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actu & culture


RANGOON - lundi 05 mai 2008 à 21h30

Birmanie: le bilan du cyclone Nargis pourrait dépasser les 10.000 morts


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La junte au pouvoir en Birmanie a accepté lundi une aide humanitaire internationale après le passage dévastateur du cyclone Nargis samedi dans le sud du pays, dont le bilan pourrait dépasser les l0.000 morts, selon le ministre des Affaires étrangères Nyan Win.

Le cyclone, accompagné de vents soufflant à quelque 200km/h, a ravagé les zones côtières du sud de la Birmanie, en particulier le delta de l'Irrawaddy, et fait des centaines de milliers de sans-abri. Les dégâts matériels sont également très importants à Rangoon, la plus grande ville du pays. Routes, communications et électricité ont été coupées, rendant difficile le travail d'évaluation des dégâts.

La radio publique a fait état de 3.939 morts, ainsi que de 2.879 personnes disparues à Bogalay, une ville du delta de l'Irrawaddy à 96km au sud du Rangoon. Mais le chef de la diplomatie birmane a expliqué à des diplomates asiatiques en poste à Rangoon que le bilan pourrait dépasser 10.000 morts dans le delta de l'Irrawaddy, le plus touché par le cyclone.

Selon ces diplomates, les autorités birmanes ont accepté de recevoir une aide humanitaire internationale, demandant notamment des bâches, des tentes, des médicaments, des comprimés de purification d'eau, des couvertures et des moustiquaires. Un premier chargement de neuf tonnes était attendu mardi en provenance de Thaïlande.

"Il est clair que nous avons affaire à une situation très grave. Il y a des centaines de milliers de personnes qui ont désespérément besoin d'un abri et d'eau potable. Le système onusien (se) prépare à fournir ce qu'il faut", a déclaré Richard Horsey, porte-parole de Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, basé en Thaïlande.

"L'étendue des ravages complique évidemment l'acheminement de l'aide à ceux qui en ont le plus besoin", note Micheal Annear, coordinateur régional de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a pré-positionné 500 tonnes de vivres à Rangoon et prévoit d'en acheminer plus.

Rangoon, où l'on dénombre 59 morts selon un bilan officiel, est privée d'électricité. Plongée dans l'obscurité la nuit, la ville est le théâtre de pillages, les habitants sont privés d'eau potable et les lignes téléphoniques coupées, tandis que le prix des denrées de première nécessité s'envole.

Certains habitants reprochent à la junte au pouvoir de ne pas venir en aide à la population. L'armée forte d'un demi-million d'hommes, expliquent-ils sous couvert de l'anonymat par peur de représailles, a déblayé les débris dans les quartiers les plus riches, laissant la population des autres quartiers se débrouiller.

"Il y a des camions de l'armée dans les rues pour dégager les routes, mais la plupart du travail a été fait par les gens, alors que certains troncs d'arbres font 1,2m d'épaisseur", a déclaré Barry Michael Broman, un ancien diplomate américain. "Des milliers d'arbres ont été déracinés. Toutes les routes sont bloqués par des arbres".

Thin Thin, propriétaire d'une épicerie, juge que "le gouvernement a trompé la population. Ils auraient pu nous avertir sur la gravité du cyclone qui arrivait, et on aurait pu mieux se préparer". Les autorités avaient annoncé que le cyclone arrivant du Golfe du Bengale serait accompagné de vents soufflant entre 190 et 240km/h, mais n'avaient pas invité la population à s'abriter.

Le désastre est intervenu à quelques jours sur un référendum sur un projet de constitution, soutenu par l'armée dont l'emprise sur le pays serait ainsi renforcée, selon ses détracteurs. Le scrutin prévu le 10 mai est pour le moment maintenu.

A New York, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a annoncé avoir mobilisé le service onusien d'évaluation, de coordination et de réponse aux catastrophes naturelles. "En raison du manque de communications et d'information, nous ne sommes pas certains de l'étendue exacte des dégâts et victimes", a-t-il dit.

A Paris, le ministère français des Affaires étrangères a annoncé lundi soir dans un communiqué l'octroi d'une "première aide d'urgence de 200.000 euros". La France met "en place les moyens de venir en aide à la population birmane et de répondre aux demandes exprimées par les autorités de ce pays". Cette aide "sera acheminée en liaison avec la Croix Rouge ainsi qu'avec les ONG françaises présentes sur place, Médecins du monde et Action contre la faim", selon le communiqué. AP

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