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Baroud d'honneur ou mouvement social dans la durée? Les fédérations de fonctionnaires -en tête desquelles celles de l'Education- appellent à la grève et à des manifestations dans toute la France jeudi pour dénoncer les suppressions de postes et la Révision générale des politiques publiques (RGPP) dans laquelle les syndicats voient un "plan social déguisé".
A cette occasion, le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos a décidé, comme le 24 janvier lors d'une précédente grève, d'organiser un Service minimum d'accueil (SMA) dans les communes qui le souhaitent pour prendre en charge les enfants du primaire.
La mesure, qui devrait concerner près de 3.000 communes selon le ministère, a provoqué comme en janvier une levée de boucliers des syndicats qui y voient une "remise en cause" du droit de grève, d'autant que M. Darcos menace d'en passer par la loi pour obliger les enseignants à déclarer leur intention de faire grève 48 heures à l'avance.
Côté rue, des manifestations sont prévues dans tous les départements, dont un grand défilé à Paris qui partira à 14h30 de la place d'Italie pour rejoindre celle de la République en passant par Bastille, soit un trajet de quelque cinq kilomètres. "C'est le parcours des grands jours", estime le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) Gérard Aschieri.
On manifestera également à Brest, Quimper, Rennes, Grenoble, Pau, Bayonne, Lyon, Marseille, Bordeaux ou encore Rouen.
Côté grève, tous les secteurs de la Fonction publique (Etat, Hospitalière et Territoriale) seront touchés par le mouvement que les syndicats annoncent "très suivi".
Outre les syndicats, les principales organisations de lycéens et d'étudiants appellent à se joindre aux cortèges. C'est d'ailleurs l'Education nationale qui devrait être à la pointe du mouvement jeudi, après plusieurs mois d'actions locales et de manifestations lycéennes depuis la fin mars.
Les syndicats d'enseignants annoncent près de 70% de grévistes dans le primaires et 50% dans les collèges et les lycées, un mouvement destiné à dénoncer les 11.200 suppressions de postes inscrites au budget à la rentrée de septembre 2008, ou encore les modalités de réforme des programmes scolaires en maternelle.
Sur l'ensemble de la Fonction publique, les syndicats estiment que le non remplacement d'un départ à la retraite sur deux va entraîner la suppression de 35.000 à 40.000 postes par an.
"Malgré la mobilisation, du côté du gouvernement ça ne bouge pas. Xavier Darcos est plutôt occupé à taper sur nous, par exemple avec le service minimum, ou encore en martelant qu'il ne cédera pas", a déclaré M. Aschieri mercredi à l'Associated Press.
"On demande entre autres qu'on ne considère pas a priori qu'il faut supprimer des postes dans l'Education et (que se tienne) un vrai débat dans la Fonction publique pour que les mesures de la RGPP ne soient pas prises dans le secret des cabinets ministériels", a-t-il ajouté.
Face à un gouvernement qui affiche sa fermeté, certains syndicats aimeraient que le mouvement s'inscrive dans la durée. La FSU a convié les autres fédérations à se réunir à son siège dès vendredi après-midi pour décider d'éventuelles suites.
"Il y a déjà un programme chargé pour le mois de mai", note Gérard Aschieri, avec la manifestation nationale "pour la défense du service public d'éducation" organisée dimanche à Paris, suivie de la journée de mobilisation interprofessionnelle prévue le 22 mai contre les modalités de réforme des retraites. "Ensuite, on va tomber sur un problème de calendrier", à l'approche de l'été, avoue le leader de la FSU.
"Le gouvernement se trompe s'il pense que la mobilisation de jeudi sera une journée pour solde de tout compte. Il y aura des prolongements qui dépasseront le simple cadre des personnels de la Fonction publique", assure de son côté le secrétaire général de l'Union générale des fédérations de fonctionnaires-CGT (UGFF-CGT), Jean-Marc Canon.
Et de projeter déjà des actions à la rentrée de septembre: "Nous sommes dans un mouvement que nous comptons inscrire dans la durée. On mobilisera en juin, et que le gouvernement ne s'imagine pas qu'il en aura fini avec nous avec l'arrivée des vacances d'été". AP
god/mw
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