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Visiblement détendu, Nicolas Sarkozy a brandi vendredi au nez de "tous ceux qui m'expliquaient que tout était foutu" les bons chiffres de l'emploi et de la croissance au premier trimestre 2008, lors d'une visite en Seine-et-Marne consacrée à l'emploi.
Escorté par Christine Lagarde (Economie) et Laurent Wauquiez (Emploi) lors de la visite d'une agence Assedic et de bureaux de l'ANPE à Dammarie-les-Lys, le chef de l'Etat s'est félicité de la création de "40.000" emplois au premier trimestre 2008 dans le secteur marchand.
Selon le ministère de l'Emploi, ces chiffres reflètent toutefois un fléchissement par rapport à 2007, même si la tendance reste bonne.
"Avec 340.000 créations d'emplois, l'année 2007 a été l'une des cinq meilleures années" depuis 1974, s'est réjoui le président. "Notre objectif est simple: nous voulons le plein emploi", a-t-il rappelé.
Nicolas Sarkozy est surtout revenu sur les bons chiffres de la croissance en 2007 et début 2008, rendus publics jeudi par l'INSEE. En 2007, le PIB français a progressé de 2,2% par rapport à l'année précédente, en données corrigées.
Il s'en est pris "à tous ceux qui m'expliquaient que tout était foutu et qu'on serait à moins de 2%" de croissance. "A tous ceux qui, à longueur d'articles et de commentaires, expliquaient que rien n'était possible, j'envoie ce chiffre". "On a trop souvent tendance à tout peindre en noir", a-t-il déploré, s'en prenant au "consensus des économistes, ceux qu'on appelle 'les sachants' (...) Ils disaient: 'ce sera 0,3%'" au premier trimestre 2008. "C'est 0,64!".
"L'économie française crée des emplois. C'est une réalité. On avait fini, à force d'être accablé par toutes ces prévisions, par l'oublier", a insisté M. Sarkozy. "Cette croissance, on l'a dopée par toutes les mesures que nous avons prises".
Ces bons chiffres "cassent la logique dépressive", s'est également félicité le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez.
Nicolas Sarkozy a également interpellé la Commission européenne, qui menace Paris d'une mise en garde sur les déficits publics. "Je dis simplement à Bruxelles: regardez vos chiffres. Parce que si l'INSEE a revu ses chiffres à la hausse, peut-être que Bruxelles peut aussi s'interroger sur ses chiffres", a-t-il lancé.
M. Sarkozy s'était pourtant défendu quelques minutes plus tôt de sombrer dans "l'autosatisfaction". "Il faut surtout persévérer, continuer, développer cette politique économique", a-t-il dit. "Ce n'est qu'un début (...) On va aller chercher cette croissance qui nous manque".
Il a souligné en particulier que le pouvoir d'achat avait progressé de 3,3% en 2007: "Je ne dis pas que c'est suffisant", "mais enfin, c'est une vérité. Le pouvoir d'achat, il a augmenté grâce aux heures supplémentaires ou grâce aux baisses d'impôts", a-t-il martelé. "Imaginez que les chiffres aient été mauvais. On m'aurais accusé. On m'aurait dit ce qu'on avait décidé à l'été (le paquet fiscal, NDLR), ça servait à rien".
Il a également réaffirmé son soutien à la Loi de modernisation de l'économie (LME), qui provoque des grincements de dents au sein de la majorité UMP. "Je ne céderai pas. J'ai été élu pour moderniser la France", a-t-il prévenu, en dénonçant "l'accumulation des non", en présence du président du groupe UMP Jean-François Copé.
"Il y a une partie de la majorité qui est moins ouverte aux réformes que l'autre", avait constaté jeudi soir Nicolas Sarkozy devant quelques journalistes, assurant ne pas être inquiet des récents couacs parlementaires, tels que le rejet du texte sur les OGM. "C'est une maladresse", voulait-il croire. AP
co/cov/mw
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