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En déplacement à Toulouse où il a rencontré les élus et les représentants patronaux locaux, Louis Gallois, président exécutif d'EADS, a exprimé son attachement à une filière aéronautique "forte", annonçant qu'Airbus allait apporter 30 millions d'euros à un fonds d'investissement dédié à l'évolution de la filière aéronautique.
Ce fonds, annoncé en octobre dernier par François Fillon et auquel devraient également participer le groupe Safran et la Caisse des dépôts et consignations, devrait réunir au total quelque 100 millions d'euros.
M. Gallois a aussi annoncé la mise en place d'un groupe de travail sur "l'orientation, l'adaptation et la protection" de la filière. Ce groupe, qui réunira plusieurs industriels et instances industrielles du secteur, sera animé du côté de l'avionneur par Fabrice Brégier, président d'Airbus France.
Lors d'un entretien avec le maire de Toulouse et des élus du conseil général de Haute-Garonne et du conseil régional de Midi-Pyrénées, ainsi que des membres du patronat, Louis Gallois s'est voulu rassurant sur les charges de travail "massives" de l'industrie aéronautique pour les cinq prochaines années.
"Le plan de charge de la filière est assuré pour les cinq prochaines années. Je ne connais pas beaucoup d'industries qui soient dans cette situation. Par ailleurs, Airbus est prêt à regarder tout ce qu'il est possible de faire pour faciliter l'adaptation de cette filière à la nouvelle donne économique marquée notamment par un dollar très faible et par une compétition de plus en plus farouche", a déclaré M. Gallois en certifiant qu'il y aura de la charge pour l'industrie aéronautique française pour l'A350.
Dans un contexte de tensions entre l'Allemagne et la France autour de l'avionneur européen Airbus, le patron d'EADS a déclaré ne pas vouloir "entretenir la polémique". "Tom Enders est à la manoeuvre. Il dirige Airbus de manière impartiale", a-t-il déclaré à propos du président d'Airbus. "J'en ai par-dessus la tête des procès sans fondements, continuels, qui appuient sur un ressort dont on sait qu'il fonctionne très bien, qui est: 'les Allemands nous piquent tout et ils ne sont pas capables'. Ceci ne peut pas durer si on veut construire un Airbus fort", a-t-il ajouté.
"Je n'ai pas vu qu'il y ait de déséquilibre entre la France et l'Allemagne" et sur l'A350, "je ne permettrai à personne de dire que les Français ont été défavorisés dans le partage des tâches par rapport aux Allemands. Je suis formel".
Claude Terrazzoni, le président de la CCI de Toulouse, qui a vu M. Gallois, avait reconnu en début de semaine avoir remis une note confidentielle à la ministre de l'Economie Christine Lagarde, dans laquelle, selon "Le Parisien/Aujourd'hui en France", il accusait EADS d'avoir fait échouer les négociations entre Airbus et l'équipementier toulousain Latécoère afin de protéger la filiale allemande d'Airbus qui doit reprendre trois sites allemands. Le 7 mai, EADS avait officialisé l'arrêt des négociations avec Latécoère pour la cession des deux sites Airbus de Méaulte (Somme) et Saint-Nazaire Ville (Loire-Atlantique).
A l'issue de leur rencontre avec M. Gallois, les élus locaux ont à nouveau exprimé leurs craintes sur la pérennité de la filière aéronautique. "Toujours inquiet", le maire de Toulouse Pierre Cohen, qui a dit "ne pas partager la stratégie de M. Gallois", a demandé l'intervention de l'Etat au plus niveau dans cette affaire. AP
xdec/mw
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