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actu & culture


KABOUL - mardi 10 juin 2008 à 15h47

Vaincre l'insurrection afghane exige d'éliminer ses bases au Pakistan, selon un rapport


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L'insurrection en Afghanistan persistera tant que ses bases au Pakistan n'auront pas été éliminées, prévient une étude de la RAND Corporation, juste avant la conférence internationale prévue jeudi à Paris. L'institut de recherche américain affirme aussi que les talibans bénéficient d'appuis au sein du renseignement et des forces paramilitaires pakistanaises.

"Toutes les insurrections victorieuses en Afghanistan depuis 1979 ont bénéficié de refuges dans des pays voisins et l'insurrection actuelle ne fait pas exception à la règle", constate l'auteur du rapport publié lundi, Seth Jones. "A l'heure actuelle, les talibans et d'autres groupes reçoivent une aide d'individus au sein du gouvernement pakistanais, et tant que ce sera le cas la sécurité à long terme de la région est menacée."

Cette étude, qui a reçu un financement du Pentagone, fait écho aux récentes déclarations de généraux américains. "S'il y a encore des sanctuaires où ces extrémistes, ces terroristes, ces insurgés peuvent s'entraîner, recruter, se régénérer, alors il y aura encore un problème" dans cinq ans, confiait récemment à l'Associated Press le général Dan McNeill, qui a cédé au début du mois le commandement de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) de l'OTAN en Afghanistan.

Le rapport RAND souligne que non seulement le renseignement pakistanais et le Frontier Corps, la force paramilitaire pakistanaise déployée à la frontière afghane, n'ont pas réussi à déloger les groupes afghans basés au Pakistan, mais aussi que dans certains cas, d'anciens ou actuels membres de ces services ont apporté une aide aux talibans, qu'il s'agisse d'une assistance aux blessés, ou d'une participation à la formation dans les camps d'entraînement afghans.

Et des responsables de l'OTAN ont relevé plusieurs cas dans lesquels des agents du renseignement pakistanais "renseignaient les forces des talibans sur la localisation et les mouvements des troupes afghanes et de la coalition, ce qui a sapé plusieurs opérations militaires anti-talibans des forces américaines et de l'OTAN", ajoute l'étude, sans préciser de dates.

Le rapport cite d'autres groupes comme le réseau dirigé par Jalaluddin Haqqani et son fils Siraj, ainsi que le réseau Al-Qaïda, des organisations islamistes radicales comme Hezb-i-Islami de Gulbuddin Hekmatyar, et des tribus ou sous-tribus locales.

"Ces groupes insurgés ont trouvé refuge dans les Zones tribales administrées fédéralement du Pakistan, la province de la Frontière Nord-Ouest et la province du Baloutchistan", précise le communiqué de RAND. "Ils acheminent régulièrement des armes, des munitions et des provisions en Afghanistan depuis le Pakistan et un certain nombre de kamikazes viennent de camps de réfugiés afghans basés au Pakistan".

Le président afghan Hamid Karzaï a déjà appelé la communauté internationale à l'aide sur la question des bases de l'insurrection au Pakistan. Des responsables du renseignement afghan expliquent que des jeunes sans éducation sont recrutés dans les régions frontalières pour devenir kamikazes ou combattre. Après des combats ou des attentats en Afghanistan, ils se replient au Pakistan pour se reposer et se réapprovisionner en armes, disent-ils.

Pour RAND, l'un des enjeux cruciaux consiste à convaincre le gouvernement pakistanais d'éliminer ces bases sur son territoire. Le Pakistan, qui soutenait le régime des talibans, renversé fin 2001, jusqu'aux attentats du 11-Septembre, dément soutenir les insurgés et assure lutter contre les infiltrations et les bases.

"Dès que ce genre d'endroits sont identifiés et signalés, des mesures sont prises", a assuré lundi le porte-parole de l'armée pakistanaise, le général Athar Abbas. "De ce fait, nous rejetons ces allégations sur des sanctuaires soutenus par l'armée pakistanaise ou les agences de renseignement." Le gouvernement pakistanais dément par ailleurs qu'Islamabad tente de passer des accords avec les groupes d'insurgés et les réseaux terroristes pour apaiser l'insurrection islamiste sur son propre territoire. Le rapport RAND souligne par ailleurs que les forces américaines et leurs alliés doivent aussi mieux former les forces de sécurité afghanes, en particulier la police, et aider à améliorer la qualité des autorités locales, en particulier dans les zones rurales. Le document juge ainsi la police afghane incompétente et "presque uniformément corrompue". AP

Sur Internet:

La RAND Corporation: http://www.rand.org

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