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actu & culture


PARIS - dimanche 08 fevrier 2009 à 15h02

Ségolène Royal dénonce les "contre-vérités" de Nicolas Sarkozy sur Gandrange



Ségolène Royal a accusé dimanche Nicolas Sarkozy de "contre-vérités" sur le site d'Arcelor-Mittal à Gandrange, souhaitant que le chef de l'Etat demande au groupe Mittal de "rembourser les aides publiques".

"Je crois que Nicolas Sarkozy maîtrise parfaitement l'art oratoire", a commenté son ancienne rivale socialiste du second tour de la présidentielle, interrogée sur France-2 sur l'entretien télévisé du président de la République jeudi soir. "C'est d'ailleurs un avocat", a-t-elle rappelé. "Il serait capable dans une cour d'assises de faire passer (...) des loups pour des agneaux".

Nicolas Sarkozy a déclaré jeudi qu'il retournerait sur le site de Gandrange (Moselle), jurant avoir tenu trois des quatre engagements pris il y a un an vis-à-vis des salariés d'Arcelor-Mittal.

"Mais les trois points sont inexacts", a accusé Ségolène Royal, qui s'est notamment dite "très étonnée" d'entendre le président de la République dire selon elle, "ce n'est pas très grave, il n'y a qu'un four qui ferme".

Mais "un four c'est une aciérie", a-t-elle souligné, "c'est le moteur, c'est le coeur même de l'usine". "C'est pas un four d'une cuisinière" où l'on fait "un gâteau au chocolat", a-t-elle insisté. "Un four, c'est 300 salariés".

Evoquant "onze milliards de dollars" de profit pour le groupe Mittal elle a jugé que "Nicolas Sarkozy doit dire à Mittal: 'puisque vous fermez vous devez rembourser l'ensemble des aides publiques'". "La décision est très simple et (le président des Etats-Unis) Barack Obama d'ailleurs le fait", a-t-elle assuré. "Toutes les entreprises qui vont fermer ou qui vont délocaliser dès lors qu'elles font des bénéfices devront rembourser les aides publiques".

"C'est aussi une nouvelle ère de responsabilité qu'il faut ouvrir", a-t-elle souhaité. "Un chef d'Etat, il est là pour décider, il est pas là pour faire des discours, ou même pour dire des contre-vérités".

Interrogée sur le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), dont le congrès fondateur avait lieu ce week-end, Ségolène Royal a jugé que "toutes les idées sont bonnes d'où qu'elles viennent". Cela va de François Bayrou (MoDem) à Olivier Besancenot (NPA), a-t-elle confirmé, "et au-delà".

"Dans les périodes de crise telles que nous vivons, nous devrions avoir, sur des solutions qui tiennent la route, une union nationale droite-gauche", a-t-elle plaidé. "Même moi, je suis prête à y participer".

Reconnaissant une "intention de tournant social" au chef de l'Etat, elle a jugé que "si Nicolas Sarkozy admet une bonne fois pour toute qu'il a fait fausse route" et s'il renonce au paquet fiscal, a-t-elle dit, "on peut remettre les choses à plat et on peut avoir une démarche d'union nationale autour d'un certain nombre de propositions". AP

sb