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Les syndicats de la RATP, de la SNCF ou encore d'EDF et de GDF refusent d'entrer dans une "polémique électorale" sur les régimes spéciaux. Dans aucune de ces entreprises, un mouvement social n'est à l'ordre du jour concernant ce dossier. "Pas question de se jeter sur le chiffon rouge de Sarkozy ou d'arbitrer ses différents avec Villepin", explique ainsi la CGT-Energie.
Tous disent en revanche que si le gouvernement issu des prochaines élections met le débat sur la table avec des propositions, ils s'y investiront, mais qu'aborder le sujet "comme Juppé en 1995 produira les mêmes effets", soit une grève cuisante et une paralysie du pays.
"Je regrette qu'une question aussi compliquée et sensible soit traitée à coups de déclarations qui cachent mal les oppositions, les divisions et une certaine culpabilisation des uns et des autres", a confié vendredi à l'Associated Press le secrétaire général de la CGT-Cheminots Didier Le Reste.
Un mouvement social pourrait avoir lieu à la SNCF en octobre -il est en débat depuis le 6 septembre entre les syndicats- mais sur des revendications internes sur le fret, les restructurations ou encore l'emploi, discutées depuis la rentrée avec la direction.
Didier Le Reste estime à propos des retraites que "les charges successives de ces derniers jours cachent une volonté de demander de nouveaux sacrifices en 2008 aux assurés du régime général" et prévient que "ce que nous avons refusé en 2003, et bien sûr en 1995, nous ne l'accepterons pas sans réagir". "Si la réforme consiste à travailler plus longtemps pour cotiser plus cher et toucher moins de retraite, la réaction sera forte", ajoute-t-il.
"Si on souhaite parler d'équité, parlons aussi des retraites des députés et de leurs émoluments lorsqu'ils quittent leur poste", lance de son côté le secrétaire général de FO-Cheminots Eric Falempin. Quant à appeler à une grève sur la polémique, il souligne qu'un "mouvement préventif sur les déclarations d'un candidat à la présidentiel" ne "l'intéresse pas".
"Il n'y a jamais eu de grève par réaction à des provocations de candidats à la présidentielle quels qu'ils soient. Et on ne va pas réagir sur tout jusqu'en 2007, sinon on n'en sortira pas", confirme de son côté Jacques Eliez, de la CGT-RATP.
"On est prêt à en parler, mais il faut parler des régimes spéciaux en intégrant au débat la pénibilité des différents corps de métiers, les salaires, la spécificité des missions. Il y a un ensemble de dispositions sur lesquelles on est prêt à échanger, mais sûrement pas renoncer à des dispositions favorables aux salariés", dit-il.
A l'instar des autres syndicats, la CGT-RATP prévient que si la question est abordée "comme en 1995, les mêmes causes produiront les mêmes effets".
A la CGT-Energie "ce n'est absolument pas le dossier prioritaire. Il n'est pas question d'avoir des initiatives sur des thèmes de campagne électorale", répond Maurice Marion, porte-parole du syndicat. "Nous, on met la priorité sur les salaires, l'emploi et la privatisation de GDF".
"Pas question de se jeter sur le chiffon rouge de Sarkozy ou d'arbitrer ses différents avec Villepin. Quant il y aura un gouvernement et des propositions, c'est toute la CGT qui s'investira dans cette question, et toutes les autres organisations syndicales j'espère".
Pour le secrétaire fédéral de la CFTC-Transports Bernard Aubin, "ce débat politico-électoraliste ne vise à offrir aux salariés que la division. A charge aux uns et aux autres de faire la part des choses entre ce qui relève de la démagogie, de la provocation et de la volonté de sauvegarder la retraite par répartition".
"Malmenées par le chômage, une démographie récalcitrante, l'augmentation de la durée de vie et la pingrerie des entreprises", ajoute-t-il, "nos pensions méritent sans doute d'être abordées autrement, notamment dans le cadre d'un débat dépassionné, moins superficiel et plus productif". AP
god/mw
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