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La Chine veut resserrer ses liens avec l'Afrique. A l'ouverture d'un sommet sino-africain sans précédent à Pékin, le président Hu Jintao a notamment annoncé samedi que son pays allait doubler son aide aux pays africains d'ici 2009.
La Chine souhaite se présenter comme un important partenaire économique et social de l'Afrique, au moment où elle se tourne vers ce continent pour y trouver de nouvelles ressources énergétiques et un marché à l'exportation pour ses produits. Mais elle est accusée de pratiquer un néo-colonialisme et de soutenir des régimes qui bafouent les droits de l'Homme.
"Sans développement combiné entre la Chine et l'Afrique, il n'y aura pas de paix dans le monde", a déclaré Hu Jintao dans son discours d'ouverture devant les dirigeants africains qu'il accueillait au siège du Parlement chinois.
"Dans cette nouvelle ère, la Chine et l'Afrique partagent de plus en plus d'intérêts communs et ont des besoins communs croissants", a ajouté le président chinois devant les représentants de 48 des 53 pays africains, dont 35 chefs d'Etat.
Le commerce sino-africain a atteint près de 40 milliards de dollars l'an dernier, soit dix fois de plus que le niveau de 1995, selon le gouvernement chinois. Les compagnies pétrolières chinoises s'implantent de plus en plus en Afrique, signant des accords avec le Nigeria, l'Angola et le Soudan entre autres.
Dans son discours, Hu Jintao a annoncé que la Chine allait multiplier par deux d'ici 2009 son aide à l'Afrique par rapport à celle fournie en 2006, sans donner de chiffres.
Pékin a également promis trois milliards de dollars de prêts à taux préférentiels et deux milliards de dollars de crédits à l'export pour les trois prochaines années, ainsi que la création d'un fonds de cinq milliards de dollars pour encourager les investissements chinois en Afrique. Hu Jintao a aussi annoncé que la Chine annulerait la dette des pays africains les plus pauvres.
La Chine s'est en outre engagée à former 15.000 travailleurs africains, construire des écoles, des hôpitaux et des cliniques spécialisées dans la lutte contre la malaria, ainsi qu'à envoyer de jeunes Chinois volontaires en Afrique.
Les relations de plus en plus étroites entre la Chine et l'Afrique sont sujettes à des critiques, certains estimant qu'il s'agit d'une forme moderne de colonialisme. Des militants accusent notamment la Chine d'être complice de violations des droits de l'Homme dans des pays comme le Soudan ou le Zimbabwe.
Le président de la Banque Mondiale, Paul Wolfowitz, avait reproché le mois dernier aux banques chinoises d'ignorer la question des droits de l'Homme et les règles sur la protection de l'environnement, alors qu'elles augmentent les prêts en Afrique. Il les avait mises en garde contre le risque de voir ces prêts alimenter la corruption et l'augmentation de la dette. AP
gb/pyr/v171/sb
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