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Le ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher reçoit à partir de mercredi les secrétaires généraux et présidents des organisations patronales et syndicales pour préparer la Conférence nationale sur l'emploi et les revenus prévue le 14 décembre, et souhaitée par le Premier ministre Dominique de Villepin.
Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque sera reçu le premier, mercredi soir à partir de 18h30. Jeudi, ce sera au tour de Bernard Van Craeynest, secrétaire général de la CFE-CGC, suivi lundi 4 décembre de celui de FO Jean-Claude Mailly.
M. Larcher rencontrera ensuite la présidente du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) au siège de l'organisation patronale mardi 5 décembre.
Il recevra le 6 décembre le président de la CFTC Jacques Voisin, puis successivement le 12 décembre le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, le président de la CGPME Jean-François Roubaud et celui de l'UPA Pierre Perrin.
Le 17 novembre dernier, le Premier ministre Dominique de Villepin a reçu le rapport du CERC, qui servira de base à cette Conférence sur l'emploi et les revenus, destinée à établir un "diagnostic commun" entre les partenaires sociaux et le gouvernement sur la question des salaires, du travail ou encore de la formation.
Le rapport du Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC) rappelle notamment qu'en France, "le taux d'emploi des seniors est faible dès la tranche d'âge des 55 à 59 ans", avec sept points de moins que la moyenne de l'Europe des Quinze, et "encore plus pour les 60 à 64 ans", avec 11 points de moins.
En ce qui concerne les femmes, le Conseil explique que leur taux d'activité place la France "au-dessus de la moyenne européenne", avec cinq points de plus, mais observe que "l'importance du chômage féminin réduit ce score". Pour les jeunes, le CERC souligne qu'en France, une proportion importante d'entre-eux sortent "de formation initiale sans qualification suffisante".
Le CERC note par ailleurs que le revenu des Français se situe, pour la majorité d'entre eux, entre 1.315 euros par mois pour une personne seule, et 1.972 euros pour un couple.
Sans attendre le début de ces rencontres et la tenue de la conférence, la CGT "met en garde" le gouvernement et le Premier ministre contre toute velléité de tenir "une grand-messe sans lendemain".
"Il y a urgence, et beaucoup d'attentes, sur la question des revenus et des salaires et il y aurait un grand danger à considérer que la situation des travailleurs pauvres puisse servir de marges de manoeuvre à des fins électorales", a déclaré à l'Associated Press la secrétaire confédérale de la CGT, Maryse Dumas.
"On souhaite que la conférence soit utile et efficace et qu'elle débouche sur des engagements susceptibles de modifier la situation dès le mois de janvier", a-t-elle ajouté.
La CGT compte ainsi "insister pour que le gouvernement utilise les moyens qui sont les siens pour faire pression sur les entreprises, notamment les 23 milliards d'aides annuelles. Il faut que ces aides soient conditionnées à une évolution des salaires".
La CGT mettra aussi une nouvelle fois en avant sa revendication d'un SMIC mensuel brut à 1.500 euros.
Sur les aides aux entreprises, la plupart des autres syndicats sont sur la même ligne que la CGT, notamment le président de la CFTC Jacques Voisin qui estime également que "les entreprises qui utilisent le plus d'emplois précaires doivent être taxées davantage".
Toujours sur les salaires, la CFTC souhaite voir pérennisé le suivi des négociations de branches mis en place par le ministère délégué à l'Emploi.
La CFTC s'inquiète également du fait que 400.000 offres d'emplois soient non pourvues et réclame l'ouverture de négociations avec les branches sur cette situation "qui découle notamment du fait de la mauvaise qualité des emplois proposés".
L'organisation syndicale se pose elle aussi des questions sur la période au cours de laquelle ces dossiers vont être ouverts. "On est dans une période délicate, préélectorale. Il va falloir voir dans quelles conditions on ouvre ces chantiers et, dans ce contexte un peu particulier, à quel niveau et qui fait quoi?", estime M. Voisin. AP
god/sb
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