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actu & culture


BRUXELLES - mercredi 29 novembre 2006 à 15h27

Bruxelles recommande une suspension partielle des pourparlers avec la Turquie



La Commission européenne a recommandé ce mercredi une suspension partielle des pourparlers sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, entamés en octobre 2005, en raison du refus d'Ankara d'ouvrir ses ports à Chypre.

Les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Cinq doivent se prononcer sur cette recommandation lors du sommet européen des 14 et 15 décembre prochains. Les négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'UE, prévues pour durer au moins au dizaine d'années, ont débuté en octobre 2005. "Nous confirmons que ces négociations se poursuivent, à un rythme plus lent", a précisé le commissaire européen à l'élargissement Olli Rehn.

Il a noté que la Turquie "a encore du temps" devant elle pour résoudre son différend avec Chypre d'ici la réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Cinq le 11 décembre.

A Riga (Lettonie), lors du sommet de l'OTAN, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé la recommandation de la Commission européenne. "Une telle décision est inacceptable", a-t-il déclaré, selon la chaîne de télévision turque NTV. Un de ses collaborateurs, Egemen Bagis, a, lui, affirmé qu'Ankara tenterait d'éviter cette suspension. "Nous ne laisserons personne piétiner nos droits", a-t-il affirmé.

Les chefs de gouvernement britannique Tony Blair et espagnol José Luis Rodriguez Zapatero ont mis en garde contre cette suspension partielle, au contraire de leur homologue allemande Angela Merkel, qui y a vu "un signal fort".

Selon des diplomates européens, Bruxelles a décidé de publier cette recommandation une semaine avant la date butoir initialement fixée car elle ne voit aucune raison que la Turquie change sa position sur la question chypriote.

Lundi, la présidence finlandaise de l'UE avait annoncé l'échec des négociations avec Ankara, qui rejette son compromis prévoyant d'alléger les restrictions qui pèsent sur la partie turque de l'île, en échange de l'ouverture des ports turcs aux Chypriotes grecs.

Chypre est divisée depuis 1974 et l'invasion de la Turquie. La partie Sud de l'île, qui a intégré l'UE en 2004, est peuplée majoritairement d'habitants de culture grecque. Uniquement reconnu par Ankara, le Nord fait l'objet d'un embargo international depuis de nombreuses années.

Selon ces diplomates, la Commission européenne pourrait recommander un gel des négociations concernant au moins six des 35 chapitres d'adhésion, dont ceux des tarifs douaniers, du commerce et des transports.

Le Premier ministre finlandais Matti Vanhanen doit se rendre en Turquie vendredi pour tenter une dernière fois de convaincre Ankara de revoir sa position, avant le sommet européen des 14 et 15 décembre lors duquel les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Cinq doivent prendre une décision finale sur les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE.

Mercredi, à Riga, Tony Blair a estimé que les pays européens devaient "faire en sorte de permettre la poursuite du processus d'adhésion de la Turquie". "Envoyer maintenant un message hostile à la Turquie constituerait à long terme une grave erreur pour l'Europe", a-t-il affirmé.

Un point de vue partagé par José Luis Rodriguez Zapatero. "A mon avis, il est important que nous travaillions intensément pour faire en sorte que les portes de l'UE restent ouvertes à la Turquie", a-t-il déclaré lors du sommet de l'OTAN.

La chancelière Angela Merkel a de son côté salué une éventuelle suspension partielle des pourparlers avec la Turquie. "La décision de la commission envoie un signal fort montrant qu'il nous faut l'approbation du protocole d'Ankara" qui prévoit l'ouverture des ports chypriotes, a-t-elle affirmé. Elle a ajouté qu'elle "considère qu'il est correct" de suspendre les négociations si Ankara n'accède pas aux demandes européennes. AP

ma/jp/v/st/ll