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Dominique de Villepin réunit jeudi les partenaires sociaux pour une conférence emploi-revenus destinée à discuter de mesures concrètes en matière d'emploi, de logement et de pouvoir d'achat. Les syndicats n'attendent pas de miracle de cette grand messe sociale organisée à quatre mois de l'élection présidentielle.
La conférence, qui se tiendra durant toute la journée au Conseil d'analyse stratégique (ex-Commissariat au plan), près de l'Hôtel Matignon, avait été annoncée le 28 août par le Premier ministre. Son objectif est de "réduire" le "décalage important" entre les résultats affichés par le gouvernement (baisse du chômage, reprise de la croissance) et la perception des Français de "ne pas avoir un juste retour de leurs efforts", explique-t-on à Matignon. Il s'agit surtout pour le chef du gouvernement de montrer qu'il travaille pour répondre aux attentes des Français malgré la campagne présidentielle.
Le rendez-vous, sans précédent depuis la conférence du 10 octobre 1997, lorsque Lionel Jospin avait décidé d'imposer par la loi les 35 heures, a été préparé par un rapport du Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC) présidé par Jacques Delors. Dominique de Villepin a rencontré les responsables patronaux et syndicaux, et tenu trois tables-rondes avec des femmes travaillant à temps partiel, des jeunes et des seniors au chômage.
Le gouvernement promet de présenter jeudi des "mesures concrètes" aux partenaires sociaux dans trois domaines, l'accompagnement des personnes ayant le plus de difficultés sur le marché du travail, la vie quotidienne et les rémunérations.
Ces mesures prendront la forme soit de décisions immédiates, soit d'ouverture de négociations entre le patronat et les syndicats. Dominique de Villepin doit notamment proposer le lancement de deux négociations sur l'accès de tous les jeunes aux stages et l'extension de la complémentaire santé à tous les salariés. Le Premier ministre a également évoqué la possibilité d'un "statut" pour aider les femmes travaillant à temps partiel subi à sortir de cette situation.
Des mesures sont aussi attendues pour aider les personnes à revenu modeste à se loger. Dominique de Villepin a promis de "faciliter les garanties" demandées pour la location d'un logement. Le gouvernement devrait également étendre aux ménages modestes les incitations à recourir aux services à la personne.
Le Premier ministre doit par ailleurs demander à l'INSEE d'élaborer de nouveaux indicateurs de pouvoir d'achat pour mettre fin à la polémique sur ce sujet. Il devrait appeler à l'ouverture de négociations dans les branches pour augmenter les salaires.
Le gouvernement ne devrait pas aller plus loin, faute de marge de manoeuvre budgétaire et en raison de la proximité des élections. Pas question notamment de retenir la revendication de la CGT d'un "coup de pouce immédiat" pour le SMIC afin qu'il soit porté à 1.500 euros mensuels bruts. Cette "solution facile" grèverait la compétitivité des entreprises françaises, assure Matignon.
Dans ces conditions, les syndicats, encore échaudés par la crise du CPE, n'espèrent pas grand chose de cette conférence. "On ne s'attend pas à des miracles, mais au moins quelques réponses précises", reconnaît Jean-Claude Mailly (Force ouvrière).
Les organisations syndicales profiteront au moins de l'occasion pour rappeler leurs revendications, notamment leur souhait commun d'une mise sous conditions des aides attribuées aux entreprises et d'une taxation supplémentaire pour celles qui "abusent" des contrats précaires. La CGT réclamera l'abrogation du contrat nouvelles embauches (CNE).
La plupart des confédérations exigeront également une revalorisation des salaires dans la Fonction publique et des pensions de retraite.
Les syndicats veulent aussi parler du logement et demandent que le chèque-transport, qui entrera en vigueur le 1er janvier, soit rendu obligatoire et étendu à tous.
Certains espèrent que la conférence ne sera pas sans lendemain. La CFDT souhaite qu'elle devienne un rendez-vous régulier entre le gouvernement et les partenaires sociaux. AP
egp-god/mw
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