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actu & culture


PARIS - jeudi 14 decembre 2006 à 12h36

EADS: l'ADAM envisage une plainte contre X



Colette Neuville, la présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires, envisage de porter plainte contre X pour "délit d'initiés" ou "informations trompeuses", après la révélation en juin des importants retards de livraison de l'A380 d'Airbus, filiale d'EADS.

"Nous n'avons pas de calendrier défini mais nous allons probablement déposer une plainte", a-t-elle affirmé jeudi dans un entretien à l'agence Dow Jones Newswires, notant qu'elle dispose d'un délai de trois ans pour ester en justice.

La présidente de l'ADAM s'appuie sur la lecture des documents d'information publiés par le groupe d'aéronautique et de défense, notamment le rapport annuel 2005 et le document de référence d'EADS, déposés le 26 avril 2006 auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF), pour étayer ses arguments.

Dans le rapport annuel, en tête de la partie 1 du document intitulée "Tracer l'avenir", Arnaud Lagardère, président de Lagardère SCA et co-président d'EADS à l'époque, déclare notamment: "Tout au long de l'année, le conseil a suivi et étudié de près l'avancement des grands programmes tels que l'Airbus A380".

Dans la partie 2, au chapitre consacré au contrôle interne et au système de gestion des risques, il est dit qu'EADS "a harmonisé les procédures de gestion des risques existantes au niveau du groupe afin de s'assurer que les risques sont constamment et invariablement identifiés, analysés, maîtrisés, suivis et signalés".

"A la lecture de ces documents, on a le sentiment très net que la direction et les principaux actionnaires maîtrisent parfaitement les rouages internes", estime Mme Neuville. Or, "si la direction et les actionnaires connaissent exactement l'état d'avancement des travaux de l'A380, pourquoi ont-ils vendu juste avant une mauvaise nouvelle?", s'interroge-t-elle. Dans ce premier cas de figure, il y aurait donc soupçon de délit d'initiés, estime la présidente de l'ADAM. "Et s'ils ne savaient effectivement pas ce qui se passait, on peut estimer qu'on est en présence d'une fausse déclaration dans les documents de référence et il y a donc information trompeuse", souligne-t-elle.

Des perquisitions ont été menées mardi au siège parisien du constructeur aéronautique EADS et à celui du groupe Lagardère dans le cadre d'une enquête sur un éventuel délit d'initié. Les juges d'instruction Philippe Courroye et Xavière Simeoni ont été saisis fin novembre pour enquêter sur la vente massive de titres EADS par quelques dirigeants du groupe en mars dernier avant l'annonce des retards de livraison du nouvel Airbus.

Ainsi, Noël Forgeard, co-président de l'époque, Jean-Paul Gut, directeur général délégué, Jussi Ivatuori, directeur des ressources humaines, François Auque, PDG d'EADS Space, entre autres, avaient vendu leurs stock-options acquises depuis 2000. La plus-value réalisée par M. Forgeard serait de 2.508.000 euros et celle de M. Ivatuori de trois millions d'euros.

Outre ces dirigeants, d'autres pourraient se retrouver dans la tourmente. En effet, début avril, les groupes Lagardère et DaimlerChrysler annonçaient la cession chacun de 7,5% du capital d'EADS en expliquant vouloir se recentrer sur leurs activités propres, les médias pour le premier, l'automobile pour le second. Le 13 juin, EADS annonçait officiellement les retards de livraison de son futur gros porteur, entraînant une forte chute du cours du titre. AP

mw/sll0727




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