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actu & culture


ALGER - lundi 08 janvier 2007 à 18h06

Le procès de la banque Khalifa s'est ouvert à Blida sans Rafik Khalifa



Le procès de la faillite frauduleuse de la banque privée Khalifa s'est ouvert lundi matin devant le tribunal criminel de Blida (50km à l'ouest d'Alger) en l'absence, comme prévu, du principal accusé, l'ancien patron du groupe Khalifa, Abdelmoumen Rafik Khalifa, réfugié à Londres depuis 2003. Il sera donc jugé par contumace.

La présidente du tribunal, Fetiha Ibrahimi, a procédé au début de l'audience à l'appel des 104 inculpés. Dix accusés, dont sept sont en fuite et trois ne se sont pas présentés, manquaient à l'appel. Pas moins de 500 personnes, entre prévenus, témoins et avocats de la défense et de la partie civile, seront présentes.

Les audiences qui se dérouleront en deux séances quotidiennes, selon la juge Brahimi, seront consacrées au volet principal de l'affaire qui porte sur un "trou" de 3,2 milliards de dinars (environ 36,6 millions d'euros). Les accusés doivent répondre d'une trentaine de chefs d'accusation, dont ceux de faillite frauduleuse, association de malfaiteurs, abus de confiance, détournement de fonds, faux et usage de faux, corruption. Ils encourent des peines allant jusqu'à dix ans de prison et des amendes.

L'affaire avait commencé par l'arrestation en février 2003 à l'aéroport d'Alger de trois cadres de la Khalifa Bank qui tentaient de sortir frauduleusement une mallette contenant deux millions d'euros. Elle a été suivie par la mise en liquidation en mai 2003 de la banque, épine dorsale du groupe dont la faillite sera prononcée le mois suivant.

Un mandat d'arrêt international a été lancé en juin 2003 contre Abdelmoumen Rafik Khalifa. Parmi les accusés au procès figurent notamment les hauts responsables de la banque Khalifa, des anciens directeurs généraux d'organismes nationaux et régionaux, ainsi que des responsables syndicaux.

L'ex-gouverneur de la Banque d'Algérie Abdelouahab Keramane a aussi été cité comme accusé. Lui, son frère Abdennour, un ancien ministre, et sa nièce Yasmine, ex-responsable de Khalifa Airways, également accusés, ne se sont pas présentés au tribunal. Comparaissent par ailleurs dans cette affaire le commissaire divisionnaire Belarbi Salah Hamdane, président du département santé à la Direction générale de la Sûreté nationale, et l'ancien entraîneur de l'équipe algérienne de football, Meziane Ighil.

Sur la liste des quelque 280 témoins figurent notamment des membres du gouvernement, un ancien ministre et plusieurs personnalités. Le ministre des Finances, Mourad Medelci, et le ministre délégué chargé de la réforme financière, Karim Djoudi, ont ainsi comparu comme témoins lundi devant le tribunal, de même que l'ancien ministre de l'Habitat, Abdelmadjid Tebboune, et le gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Laksaci. En revanche, le ministre d'Etat et président du Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamiste), Boudjerra Soltani, et le secrétaire général de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Saïd, étaient absents.

Un des 150 avocats de la défense, maître Khaled Bergheul, a demandé la convocation de l'ancien chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, en tant que témoin, à quoi la présidente a répondu que ce serait fait si le témoignage de M. Ouyahia pouvait apporter du nouveau dans l'affaire. AP

ham1/mw/st




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