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Artémis a confirmé vendredi "conduire des réflexions exploratoires sur l'opportunité d'une offre publique concernant les titres de Suez", mais a souligné que "les conditions actuelles" ne créaient "pas un environnement suffisamment serein pour présenter une offre".
Dans un communiqué, la holding du milliardaire français François Pinault précise avoir "obtenu les engagements de financement nécessaires pour mener à bien" le projet d'offre. Cependant, dit-elle, les "décisions successives de l'AMF (Autorité des marchés financiers) de placer Artémis dans le cadre des articles 222-22 et 222-23 du règlement général ont eu pour effet de multiplier les déclarations des différents acteurs et de provoquer des mouvements erratiques du cours de bourse de Suez".
De fait, "les conditions actuelles ne créent donc pas un environnement suffisamment serein pour présenter une offre", affirme Artémis, qui dit rester "convaincue qu'une solution alternative à la fusion (de Suez avec Gaz de France), dans l'intérêt du marché, peut être trouvée" et précise qu'elle "continuera à envisager la possibilité d'une telle opération".
Chez Suez, on ne se satisfait pas de ce communiqué. "La déclaration d'Artémis ne clarifie en rien sa position, et elle continue de perturber le cours du Suez", a souligné une porte-parole du groupe vendredi après-midi. "On attend la déclaration d'Artémis à l'AMF le 2 février".
Artémis ayant indiqué voici deux semaines qu'elle évaluait ses options concernant Suez, l'AMF l'a sommée de préciser toute offre envisagée sur Suez avant le 2 février à 8h. Si la holding de François Pinault ne s'est pas prononcée à cette date, elle ne pourra pas d'offre sur Suez durant six mois, en vertu de la réglementation du marché.
Si une éventuelle offre d'Artémis sur la société franco-belge était couronnée de succès, elle empêcherait le projet de fusion de Suez et de Gaz de France, évalué à 4,6 milliards d'euros (6 milliards de dollars).
Le 30 novembre, le Conseil constitutionnel a validé le projet de loi de privatisation de Gaz de France mais a assorti son feu vert d'une réserve d'interprétation, qui diffère au 1er juillet 2007, soit après l'élection présidentielle, l'effet de la fusion avec Suez.
Cette décision met en doute la concrétisation de cet accord qui bénéficie du soutien du gouvernement actuel. AP
cr/com/ad/pyr/v
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