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Le réchauffement climatique est "très probablement" causé par l'activité humaine, estime le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui mettait les bouchées doubles jeudi pour pouvoir présenter son rapport vendredi matin comme prévu.
La formulation retenue par les spécialistes de 113 pays réunis depuis lundi à Paris signifient qu'ils évaluent à plus de 90% la probabilité d'une responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique. "C'est une avancée importante. Je crois qu'il s'agit d'une déclaration forte", s'est félicité Jan Pretel, chef du département "changement climatique" à l'Institut hydro-météorologique tchèque.
Toutefois, certains participants à la réunion de Paris auraient souhaité aller plus loin en qualifiant de "quasiment certaine" la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, soit une probabilité de plus de 99%. Mais la délégation chinoise s'est opposée à tout durcissement supplémentaire de la formulation, ont rapporté le délégué de la Barbade, Leonard Fields, et celui du Zimbabwe, Washington Zhakata.
Dans son précédent rapport publié en 2001, le GIEC, moins affirmatif, concluait que le réchauffement climatique était "probablement" causé par l'activité humaine, ce que certains gouvernements ou scientifiques niaient.
Le rapport du GIEC doit servir de référence pour l'élaboration de la politique environnementale à tous les niveaux, que ce soient les pays ou les entreprises. Etant donné le retard pris dans les premiers jours des travaux à huis clos, de longues heures de débat attendaient encore les délégués jeudi soir.
En raison de la règle de l'unanimité requise pour le choix de chaque mot, certains observateurs craignaient que les auteurs n'accouchent d'un document trop prudent et trop éloigné des recherches initiales des scientifiques. Les délégués étaient confrontés à la fois à des nuances de formulation et à des divergences de fond, par exemple sur les prévisions de hausse du niveau des mers. Un participant russe parlait ainsi de discussions "complexes" sur cette question, n'ayant pas encore débouché sur un compromis.
Certains scientifiques du GIEC souhaitaient durcir la version initiale du rapport qui prévoyait une hausse du niveau des mers de 58 centimètres maximum d'ici 2100. Car ces prédictions ne prennent pas en compte la fonte des glaciers, notamment au Groenland et en Antarctique. Donc, ces experts, notamment américains, voulaient mentionner dans le document le risque de sous-estimation de ces prévisions.
En revanche, les participants sont tombés d'accord pour la première fois pour dire que le réchauffement climatique lié aux activités humaines a probablement contribué à l'apparition d'ouragans et cyclones tropicaux plus violents depuis les années 1970, comme l'ouragan Katrina de 2005, a rapporté jeudi un participant ayant requis l'anonymat.
Sur la hausse des températures, les premières versions du rapport prévoyaient une progression de 1,5 à 5,8 degrés Celsius d'ici 2100.
La séance de jeudi soir devait coïncider, entre 19h55 et 20h, heure continentale européenne (entre 18h55 et 19h GMT), avec une "action symbolique", baptisée "cinq minutes de répit pour la planète". A l'appel du collectif "Alliance pour la planète", coordonné par l'association "Les Amis de la Terre", les citoyens en France et dans le reste de l'Europe étaient invités à éteindre leurs lumières et appareils en veille pendant ces cinq minutes. Même la Tour Eiffel devait s'associer à cette mobilisation avec une extinction de ses illuminations.
Certains experts faisaient toutefois remarquer que cette initiative, tout en partant d'un bon sentiment, provoquerait une surconsommation d'énergie lors du rallumage des lumières et appareils, avec le risque que cela comporte de baisses de tension, voire de coupures de courant. AP
Sur Internet: http://www.ipcc.ch
sop-st/v
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