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actu & culture


PARIS - lundi 19 mars 2007 à 19h36

Education: nouvelle grève dans les collèges et les lycées, mardi



Les enseignants ne décolèrent pas contre la politique éducative du gouvernement et veulent faire entendre leur voix auprès des candidats à la présidentielle. Plusieurs syndicats appellent les personnels des collèges et des lycées à cesser le travail et à manifester, mardi dans toute la France, alors que des opérations de boycott du bac blanc menées localement inquiètent lycéens et parents d'élèves.

Le décret permettant d'affecter des enseignants sur plusieurs établissements et plusieurs matières et allongeant leur temps de travail via la remise en cause de certaines heures de décharge, est la principale mesure dans la ligne de mire des syndicats du second degré.

Les syndicats dénoncent également les plus de 5.000 suppressions de postes prévues dans l'Education à la rentrée 2007.

Le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES, premier syndicat des enseignants des collèges et des lycées) parle d'exaspération des personnels et craint une radicalisation sur le terrain, avec la tentation pour certains de perturber l'organisation du baccalauréat en juin.

Outre le SNES et plusieurs autres organisations de la FSU, la CGT-Education et le Syndicat national autonome des lycées et collèges (SNALC, classé à droite) ont relayé le mot d'ordre de grève et de manifestations pour la journée de mardi.

Des défilés et des rassemblements sont attendus à Lille, Brest, Quimper, Saint-Etienne, Amiens, Toulouse, Marseille, Lyon ou encore Paris. Dans la capitale, le cortège partira à 11h de la place Denfert-Rochereau en direction du ministère de l'Education.

"Nous exigeons l'abrogation du décret, l'ouverture de discussions sur la charge des enseignants et le rétablissement des postes. Et sur ces trois points, nous attendons des prises de position claires des différents candidats à la présidentielle qui, pour l'heure, ne nous apportent que des réponses partielles", a déclaré, lundi à l'Associated Press, Bernard Boisseau, secrétaire général du SNES.

Présenté en octobre dernier et paru depuis, le décret, rejeté par l'ensemble des syndicats de l'Education, fait l'objet d'une mobilisation locale constante depuis cinq mois et une grève nationale à l'appel des principales organisations syndicales du second degré contre ce texte a été fortement suivie le 18 décembre dernier.

Parmi les actions menées par certains enseignants, le boycott de l'organisation du bac blanc fait grincer les dents de lycéens et parents d'élèves.

"Il n'y a pas un mot d'ordre spécifique d'ajournement ou de boycott du bac blanc. On a préconisé des actions de tous ordres entre les journées d'action nationales, dès le mois de novembre. A chaque établissement son action contre le décret De Robien", assure M. Boisseau qui ajoute: "il se trouve que l'annulation, ou le report, des bacs et des BTS blancs a été retenue dans un certain nombre de cas". Selon lui, un établissement sur cinq serait actuellement touché par ce type d'action.

"La consigne qu'on donne aux enseignants qui veulent s'engager là-dedans, c'est de le faire après avoir eu des discussions avec les parents et les lycéens. On est absolument convaincus qu'on ne peut mener des actions efficaces que si elles sont suivies par une majorité des personnels et appuyées par l'opinion, les élèves, les parents", explique le secrétaire général du SNES.

Mais il estime que "si les choses ne se débloquent pas, on risque d'avoir des problèmes à l'approche du bac", laissant entendre que des enseignants pourraient vouloir perturber l'organisation des examens.

"Comme en 2003 lors du mouvement contre la réforme des retraites, on risque d'avoir une frange de la profession qui va dire 'puisqu'on a épuisé toutes les formes d'action sans être entendus, passons à des choses plus radicales". Bernard Boisseau estime que "c'est un terrain très dangereux. On le dit aux enseignants, mais on dit aussi aux politiques de ne pas jeter d'huile sur le feu".

Et il prévient: "en 2003, on s'est prononcé contre le boycott du bac et on a été suivis par une grande majorité des enseignants. On reprendra position de la même manière le cas échéant". AP

god/sb