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actu & culture


GUERET, Creuse - vendredi 30 mars 2007 à 20h10

Royal propose un "contrat première chance" pour les jeunes, gratuit pendant un an


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Ségolène Royal a proposé vendredi que l'Etat prenne intégralement en charge pendant un an le salaire et les charges des jeunes sortant du système scolaire sans qualification qui sont recrutés par des commerçants et artisans ayant moins de dix salariés. Ce "contrat première chance" s'ajoute aux emplois-tremplins destinés aux jeunes diplômés et qualifiés.

Selon la candidate du PS, qui dit s'être inspirée d'une idée de Jacques Delors, son coût serait de l'ordre d'un milliard d'euros par an. "La mesure sera entièrement financée par des économies faites grâce au redéploiement des aides aux entreprises, des crédits de la formation professionnelle et de certains contrats aidés existants", a précisé son codirecteur de campagne Jean-Louis Bianco.

"Ça ne coûtera pas plus cher que le chômage ou que les formations sans débouché, je suis convaincue de ça", a certifié Ségolène Royal devant la presse. Elle a chargé la sociologue du travail Dominique Meda de "préciser rapidement" les modalités d'application de cette mesure "avec les acteurs concernés" pour que ce contrat soit opérationnel dès "juin 2007".

"J'observe qu'il y a d'un côté 500.000 offres d'emploi par les artisans et commerçants, c'est-à-dire les très petites entreprises, et de l'autre 190.000 jeunes qui tous les ans sortent du système scolaire sans qualification", a constaté Ségolène Royal lors d'une réunion publique à Guéret (Creuse), l'une des dernières étapes de son déplacement de trois jours dans quatre régions.

"Je fais la proposition que les salaires et les charges de ces jeunes soient pris en charge pendant une année pour qu'ils soient recrutés", a-t-elle préconisé, précisant que l'exonération porterait sur "la totalité du salaire et des charges". "En contrepartie, il sera demandé aux artisans et aux commerçants de respecter ces jeunes, de ne pas leur faire faire que des tâches d'exécution" et "si ce jeune fait ses preuves", "s'il donne satisfaction à l'entreprise, alors je demande à l'artisan et au commerçant de le recruter sur un contrat stable et durable", a-t-elle plaidé, c'est du "gagnant-gagnant", du "donnant-donnant".

Concrètement, les jeunes concernés sont ceux qui sortent de l'école sans qualification au terme de la scolarité obligatoire à 16 ans et qui n'ont pas accès à l'apprentissage ou aux lycées professionnels. Selon M. Bianco, ils seraient rémunérés sur la base du SMIC, ce que la candidate a nuancé en précisant qu'il faudrait "que ce soit discuté au plan local".

N'étant pas immédiatement "opérationnels", les jeunes seraient formés par les régions, qui géreront le dispositif. Elles "seront en première ligne et l'Etat leur donnera les moyens d'assumer cette responsabilité", a promis Ségolène Royal, qui veut créer "le plus possible" de ces contrats aidés, si possible "500.000" en "fourchette haute", chez les artisans et commerçants ayant moins de dix salariés.

En l'état, ce dispositif ne prévoit toutefois pas de mesure contraignante pour obliger à recruter le jeune en CDI au terme du contrat. C'est un "pacte de confiance entre les artisans et les commerçants", a-t-elle expliqué. "Il n'y a pas d'effet d'aubaine possible". "Un employeur motivé qui trouve un jeune qui donne satisfaction, je ne vois pas pourquoi il ne le garderait pas". "Dans une logique de donnant-donnant, l'entreprise s'engagera à recruter le jeune si celui-ci donne satisfaction".

Ce "contrat première chance" constitue le pendant des 500.000 emplois-tremplins qu'elle souhaite créer en cinq ans dans le public comme le privé pour les jeunes qualifiés et diplômés qui peinent à accéder au premier emploi, et dont le salaire et les charges seraient également couverts en totalité par l'Etat mais pendant six mois. Dans son "pacte présidentiel", Ségolène Royal s'engage à ce qu'aucun jeune ne reste au chômage plus de six mois sans avoir une formation ou un emploi-tremplin.

"C'est un vaste chantier que je vous propose de lancer" car "la question du chômage des jeunes est devenue une question lancinante, majeure, angoissante, inquiétante", a conclu la candidate. "La bataille de l'emploi peut être gagnée". AP

sch/mw




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