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actu & culture


PARIS - mercredi 06 juin 2007 à 11h28

Bob Denard jugé en appel en son absence



Le procès en appel du mercenaire Robert Denard, 78 ans, atteint de la maladie d'Alzheimer, s'est ouvert mercredi à Paris en son absence pour une tentative de coup d'Etat aux Comores en 1995.

En juin 2006, Bob Denard, de son vrai nom Robert Bourgeault, a été condamné à cinq ans d'emprisonnement avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris. Il est le seul contre lequel le parquet a fait appel de la condamnation, estimant que le mercenaire ne pouvait bénéficier d'une peine avec sursis.

En effet, en 1993, il avait été condamné à cinq ans avec sursis pour une coup d'Etat commis en janvier 1977 au Bénin. Or, les faits pour lesquels il a été condamné le 20 juin 2006 ont été commis moins de cinq ans après cette condamnation.

En raison de l'état de santé de Robert Denard, la 10e chambre de la cour d'appel de Paris l'a dispensé de se présenter aux audiences, comme l'avait fait le tribunal correctionnel de Paris.

Sept prévenus, condamnés en première instance, ont fait appel uniquement des dispositions civiles du jugement. Les parties civiles ont fait également interjeté appel des dispositions civiles.

Dans la nuit du 26 au 27 septembre 1995, une trentaine de mercenaires français, dirigés par Bob Denard, ont débarqué aux Comores à bord de quatre canots pour renverser le président Saïd Djohar et installer Mohamed Taki et Saïd-Ali Kemal au pouvoir.

Les mercenaires ont ensuite installé un comité militaire de transition et remis le pouvoir à Taki et Kemal. Le 4 octobre, les forces françaises sont intervenues pour libérer le président Djohar. Les mercenaires se sont rendus. Mohamed Taki a finalement été élu président de la République le 16 mars 1996.

Lors de l'enquête, Bob Denard, avait expliqué qu'il était impliqué aux Comores depuis 1977 -où il avait notamment participé avec les services français à l'installation au pouvoir d'Ahmed Abdallah- et avait agi par "engagement moral" vis-à-vis des Comoriens victimes d'élections truquées et de détournements de fonds de la famille Djohar. Et que cette opération était couverte par les services français.

Le procès doit durer jusqu'à vendredi. AP

pas/mw