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L'Autorité de sûreté nucléaire a annoncé vendredi qu'elle allait saisir l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire pour "expertiser plus en profondeur" les dossiers de six des 145 patients victimes d'une surdose de radiations au CHU de Toulouse-Rangueil.
Lorsque l'affaire a été révélée en mai dernier, ce sont cinq patients qui devaient à l'origine faire l'objet d'un suivi particulier. Cent quarante-cinq des 172 malades traités avaient été surirradiés à des degrés divers entre le 6 avril 2006 et le 17 avril 2007 dans le cadre d'un traitement par radiochirurgie au CHU de Rangueil.
Afin d'approfondir l'analyse de cet incident et des "conséquences potentiellement attendues", l'ASN a demandé à l'hôpital Rangueil qu'on lui communique notamment les dossiers médicaux de six patients "pour lesquels plus de 5% du volume des organes sains auraient été affectés". Elle précise dans un rapport mis en ligne sur son site que ces dossiers seront adressés à un médecin radiopathologiste de l'IRSN pour "une expertise concernant d'éventuels effets secondaires".
L'Institut de veille sanitaire (InVS) réalisera de son côté "un suivi de la cohorte de patients concernés d'un point de vue sanitaire" et devra proposer "un protocole de surveillance épidémiologique qui s'étalera sur une période minimale post-traitement de deux ans, correspondant au délai d'apparition d'effets secondaires redoutés après ce type de traitement".
Un compte rendu de l'incident a également été demandé par l'ASN à l'établissement toulousain qui devra présenter "l'analyse des causes à l'origine de l'incident, le retour d'expérience tiré de l'événement et qui détaillera les actions correctives développés pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise".
Le 17 avril dernier, BrainLAB, le constructeur de l'appareil de radiochirurgie, avait détecté "une anomalie" dans les données transmises par le CHU et avait conclu à "une erreur de calibration" de l'appareil. Trois jours plus tard, l'activité du centre était arrêtée et les traitements interrompus. La division bordelaise de l'ASN et la DDASS de Haute-Garonne avait procédé à une inspection le 3 mai, à l'issue de laquelle le centre avait été autorisé à reprendre ses activités. AP
dec/se/mw
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