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Le mercenaire Robert Denard, 78 ans, qui souffre de la maladie d'Alzheimer, a été condamné vendredi par la cour d'appel de Paris à quatre ans d'emprisonnement, dont trois ans avec sursis et mise à l'épreuve, et 100.000 euros d'amende pour une tentative de coup d'Etat aux Comores en 1995.
Son avocat, Me Elie Hatem, a annoncé qu'il n'allait pas former de pourvoi en cassation.
Me Hatem a regretté l'absence à l'audience des autorités politiques ce qui n'a pas permis de "savoir si réellement le coup d'Etat a été fait à leur insu". Il avait notamment cité Jacques Chirac "qui s'est retranché derrière son immunité présidentielle" et Alain Juppé "qui a invoqué un manque de temps durant la campagne".
"Il y a une volonté de la France d'oublier une page de l'histoire de l'Afrique et de profiter de cette situation pour accabler M. Denard", a souligné l'avocat, qualifiant son client de "bouc-émissaire de la République".
Bob Denard était jugé en appel à la demande du parquet de Paris qui a estimé en juin 2006 que sa condamnation à cinq ans de prison avec sursis simple par le tribunal correctionnel était illégale au regard de sa qualité de récidiviste.
Il avait effectivement déjà été condamné à 5 ans avec sursis en 1993 à Paris pour un coup d'Etat commis en janvier 1977 au Bénin. La Cour a choisi de ne pas révoquer ce premier sursis.
Dans la nuit du 26 au 27 septembre 1995, une trentaine de mercenaires français dirigés par Bob Denard ont débarqué aux Comores à bord de quatre canots pour renverser le président Saïd Djohar et installer Mohamed Taki et Saïd-Ali Kemal au pouvoir.
Les mercenaires ont ensuite installé un comité militaire de transition et remis le pouvoir à Taki et Kemal. Le 4 octobre, les forces françaises sont intervenues pour libérer le président Djohar. Les mercenaires se sont rendus. Mohamed Taki a finalement été élu président de la République le 16 mars 1996.
Lors de l'enquête, Bob Denard avait expliqué qu'il était impliqué aux Comores depuis 1977 -où il avait notamment participé avec les services français à l'installation au pouvoir d'Ahmed Abdallah- et avait agi par "engagement moral" vis-à-vis des Comoriens victimes d'élections truquées et de détournements de fonds de la famille Djohar.
Les complices de Bob Denard étaient pour la plupart rejugés dans le volet civil de cette affaire. Mais la Cour a jugé vendredi qu'aucune des parties civiles n'avait intérêt à agir et donc à réclamer des dommages et intérêts.
Elle a ainsi débouté le gouvernement de la République des Comores, ainsi que les ayant-droits du président Djohar décédé en février 2006 pendant le procès de Bob Denard devant le tribunal correctionnel. La Cour a estimé que la veuve et les enfants du président n'avaient pas subi de préjudice moral direct. AP
der/ll
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