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actu & culture


PARIS - vendredi 06 juillet 2007 à 16h26

Le "Grenelle" de l'environnement doit déboucher sur "15 à 20" mesures concrètes, selon Jean-Louis Borloo



Le "Grenelle" de l'environnement, qui se tiendra à la mi-octobre, doit aboutir à "15 à 20 grands programmes" concrets pour mieux "changer la donne" et lutter contre le réchauffement climatique, a annoncé vendredi le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo.

Annoncé le 21 mai dernier par le président Nicolas Sarkozy, qui a promis durant sa campagne de mettre le développement durable au coeur de ses priorités, ce "Grenelle Environnement" sera un "contrat entre l'Etat, les collectivités territoriales, les syndicats, les entreprises et les associations". Le chef de l'Etat veut que ce "contrat engage les responsables" sur des mesures concrètes faisant l'objet d'une évaluation annuelle.

Jean-Louis Borloo a détaillé le dispositif vendredi au cours d'une conférence de presse. Initialement nommé ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi dans le premier gouvernement Fillon, M. Borloo a remplacé à l'Ecologie Alain Juppé qui a démissionné au lendemain de sa défaite aux élections législatives le 17 juin dernier.

Au cours d'une première phase, du 9 juillet à fin septembre, six groupes de travail, de 40 membres chacun, vont élaborer une série de propositions. Un premier groupe se penchera sur la lutte contre le changement climatique et la maîtrise de la demande d'énergie, s'intéressant aux transports, à l'aménagement, la construction, l'habitat et l'énergie. "Tout le monde parle de la nécessité de faire un énorme travail sur les logements, l'isolation, l'énergie", a noté Jean-Louis Borloo.

Les différents groupes se pencheront sur la biodiversité et les ressources naturelles (eau, espaces protégés, pêche, ressources halieutiques), sur un "environnement respectueux de la santé" (qualité de l'alimentation, pollutions, qualité de l'air, déchets), les "modes de production et de consommation durables" (agriculture, agroalimentaire, pêche, forêt, développement durable des territoires).

Ils plancheront également sur la "démocratie écologique", s'attachant à débattre d'une réforme des institutions, ainsi que sur des "modes de développement écologiques favorables à l'emploi et la compétitivité".

Les groupes de travail, a expliqué M. Borloo, seront présidés par des personnalités "dont la caractéristique première est la totale indépendance d'esprit", dont l'économiste Nicholas Stern de l'université d'Oxford. Il a estimé dans un rapport du gouvernement britannique publié en octobre 2006 que le réchauffement de la planète aura des répercussions économiques aussi dévastatrices que les deux guerres mondiales ou la crise de 1929 si l'on ne fait rien pour l'endiguer.

La sénatrice (Verts) du Nord Marie-Christine Blandin, le président de l'Université de Paris-Sorbonne Jean-Robert Pitte, l'écrivain Denis Tillinac ou le philosophe Michel Serres, ou l'ancienne secrétaire générale de la CFDT Nicole Notat figurent parmi les personnalités qui participeront aux travaux.

De la fin septembre à début octobre, une phase de consultation du grand public et des acteurs locaux doit s'organiser autour des différentes propositions, sous plusieurs formes. Un site Internet dédié, doit permettre l'élaboration de débats et forums.http://www.legrenelle-environnement.fr

Six réunions publiques, dont au moins une en Outre-mer, seront par ailleurs organisées dans toute la France, tandis que les partis et fondations politiques seront consultés. Les conclusions de ce débat seront ensuite tirées à la mi-octobre lors du "Grenelle Environnement".

Jean-Louis Borloo n'a pas chiffré le coût de ce programme. Il "sera beaucoup plus important que le chantier de rénovation urbaine, qui lui était déjà de 40 milliards", a simplement expliqué le ministre vendredi matin sur RTL.

Le réseau "Sortir du nucléaire" a fait savoir dans un communiqué le même jour qu'il ne "participera pas au Grenelle de l'environnement", à moins que Nicolas Sarkozy "n'annonce au plus vite l'abrogation du décret autorisant la construction de l'EPR", réacteur nucléaire de nouvelle génération à Flamanville (Manche). AP

ll/sb