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actu & culture


PARIS - mardi 18 juillet 2006 à 21h31

Le PDG d'Air France entendu comme témoin assisté par un juge financier



Le président du groupe aérien Air France-KLM Jean-Cyril Spinetta a été entendu pendant plus de six heures mardi comme témoin assisté au pôle financier du Palais de justice de Paris dans le cadre d'une enquête sur une société qui a fourni entre 2001 et 2003 des agents de sécurité à la compagnie, a-t-il indiqué lui-même à la sortie de l'audition.

M. Spinetta avait été convoqué par le juge d'instruction Hervé Lourau qui envisageait de le mettre en examen pour "complicité d'abus de biens sociaux, travail dissimulé et blanchiment d'argent en bande organisée".

Selon son avocat, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, c'est un "fait exceptionnel" qu'il ait juste été entendu comme témoin assisté alors que le juge avait prévu d'engager des poursuites.

"Nous avons procédé à un examen précis et contradictoire des faits évoqués. Je me considère comme totalement innocent. Il n'y a aucun élément à charge dans le dossier", a souligné M. Spinetta dans une courte déclaration. "Après cet examen minutieux, le juge a décidé de ne pas retenir d'indices graves et concordants" et "m'a fait bénéficier du statut de témoin assisté", a-t-il ajouté.

La justice le soupçonne d'avoir été au courant des pratiques douteuses de la société Pretory qui assurait la protection des biens d'Air France, puis, après les attentats du 11-Septembre, la sécurité des vols vers les Etats-Unis, selon des sources judiciaires.

Pretory, qui a fait faillite en 2003, payait notamment une partie de son personnel via des sociétés écran installées dans des paradis fiscaux, économisant ainsi des charges patronales et sociales. Une somme de 10 millions d'euros s'est également volatilisée des comptes de l'entreprise.

"Il ne pouvait pas savoir", a insisté Me Versini-Campinchi. "Il est président d'un groupe de plus de 100.000 personnes et ne peut pas aller chercher l'information. Il faut que l'information lui remonte. Et il n'y a pas l'ombre d'un élément que l'information lui est remontée".

"C'est incompréhensible", a aussi estimé le directeur juridique de la compagnie aérienne, Jean-Marc Bardy, qui devait succéder à M. Spinetta dans le bureau du juge pour représenter Air France en tant que personne morale. Le rendez-vous a finalement été reporté en fin de semaine.

L'avocat de la compagnie, Me Jean-René Farthouat, s'attendait à une mise en examen du groupe pour les mêmes chefs que son PDG. "Il y a un dossier Pretory, c'est incontestable. De l'étendre à Air France me paraît hasardeux", a-t-il déclaré mardi à l'Associated Press.

Selon Me Farthouat, il n'y a eu aucun favoritisme lors de la signature du contrat entre Air France et Pretory au lendemain du 11-Septembre pour assurer la présence d'agents de sécurité à bord des vols pour les Etats-Unis.

"Air France n'est pas soumis à la procédure des appels d'offre, mais se l'impose", a-t-il expliqué. "En l'état, il y avait urgence". "Pretory assurait déjà la protection des biens immobiliers d'Air France. La société s'est donc imposée naturellement", a précisé M. Bardy. "On nous oppose des règles qu'on s'est imposées à nous-mêmes", a regretté Me Farthouat.

L'information judiciaire vise notamment les délits "d'abus de biens sociaux, de blanchiment de fonds en bande organisée, travail dissimulé". Quatre personnes, dont le PDG fondateur de Pretory, Jacques Gaussens, sont mises en examen dans ce dossier ouvert en 2003 à la suite du placement en redressement judiciaire de la société. AP

der/lp




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