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Premiers décès dus à la canicule. La vague de très fortes chaleurs qui sévit depuis plus d'une semaine sur la France, avec des pointes dépassant par endroit les 38 degrés mercredi, pourrait avoir contribué à la mort de neuf personnes a annoncé le ministre de la Santé Xavier Bertrand.
Le thermomètre a grimpé jusqu'à 37 degrés sur la moitié nord de la France, avec un record absolu de 38,3 degrés à Dunkerque (Nord), entraînant de nouvelles craintes pour les personnes fragiles, notamment les plus âgées.
le Premier ministre Dominique de Villepin, qui s'est inquiété de la santé des résidents d'une maison de retraite parisienne, doit d'ailleurs présider une réunion interministérielle jeudi après-midi sur le sujet.
D'ores et déjà, M. Bertrand a fait état de neuf décès "qui pourraient être reliés à la chaleur". Ses services et ceux de l'Institut de veille sanitaire (InVS), faisaient état de la mort mercredi d'un SDF de 39 ans à Bordeaux et d'un chauffeur routier de 43 ans à Dax. Mardi deux personnes âgées sont mortes à Bordeaux et un travailleur à Mâcon. Une personne âgée est également décédée dans les Pyrénées-Orientales, deux à Angers et une à Cholet (Maine-et-Loire). Ces trois derniers décès sont intervenus "au cours des derniers jours", précisait seulement le ministère.
Joint par l'Associated Press, le directeur départemental des affaires sanitaires et sociales (DDASS) a pourtant affirmé qu'il "ne disposait pas d'élément qui (lui) permette de dire que les décès sont liés à la canicule". Jean-Marie Lebeau a précisé que cinq morts intervenues dans les derniers jours avaient fait l'objet d'une enquête de ses services et qu'au moins trois des personnes âgées décédées souffraient "de pathologies très lourdes".
Quant aux appels au Samu et aux hospitalisations, ils restaient à un niveau "plutôt normal" mardi soir, observait l'InVS.
Xavier Bertrand a souligné que la chaleur apparaît le plus souvent comme une des causes de ces décès et non comme la cause principale. La responsabilité de l'hyperthermie est recherchée "à chaque fois qu'il y a un décès d'une personne âgée", a-t-il précisé.
Le ministre, qui devait visiter le Samu du Val-de-Marne et le Samu social de Paris dans la soirée, a répété que la situation actuelle ne ressemblait pas à celle de 2003, quand environ 15.000 personnes étaient mortes pendant la canicule.
Selon lui, les pièces rafraîchies aménagées dans les maisons de retraite et les messages de prévention transmis par les médias ont permis une bonne information des populations à risque et notamment des personnes âgées. Il a toutefois précisé qu'il rencontrerait dans les prochains jours les responsables de l'Inspection du travail pour les sensibiliser à la situation des employés des chantiers et des autres travailleurs exposés à la chaleur.
Cette situation pèse également sur l'activité d'EDF, qui a dû ralentir l'activité de certains réacteurs en raison du réchauffement des eaux qui servent à refroidir les centrales. En conséquence, EDF a acheté "plus de 2.000 mégawatts d'électricité sur le marché étranger", a indiqué mercredi le PDG de l'entreprise Pierre Gadonneix devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.
Dans l'immédiat, l'alerte à la canicule a été maintenue dans une dizaine de départements de l'est de la France, doublée d'une autre alerte en raison d'une vague d'orages qui devait traverser le pays à partir du Sud-Ouest mercredi soir.
Mais ces intempéries seront passagères et n'apporteront que peu de fraîcheur, prévient Météo-France. "Après samedi, nous aurons à nouveau un temps beau et sec, la chaleur remontera et on risque d'avoir des températures très chaudes", a décrit le prévisionniste Michel Daloz, joint par téléphone. Selon lui, les températures de la semaine prochaine pourraient remonter jusqu'à 32-35 degrés sur le Nord et même de 33 à 38 degrés sur le Sud. AP
lp/mw
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