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actu & culture


EVRY - mercredi 12 septembre 2007 à 19h07

Sept jeunes hommes jugés pour l'agression de deux CRS aux Tarterêts



Les sept jeunes hommes jugés pour l'agression de deux CRS dans la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonne (Essonne) en septembre 2006 ont tous clamé leur innocence mercredi au premier jour de leur procès devant le tribunal correctionnel d'Evry.

Tous d'origine étrangère, en échec scolaire et sans emploi, âgés entre 19 et 23 ans, ils affirment avoir été arrêtés parce qu'ils étaient déjà connus par la police au moment des faits. "Je suis en colère parce que ça fait un an que je suis en prison et que je suis totalement innocent", a fulminé Mounir Labidi, l'un des trois détenus.

Le 19 septembre 2006, la voiture des deux policiers qui patrouillait aux Tarterêts a d'abord été visée par des jets de cailloux. A la descente de la voiture, les deux hommes ont été tabassés par un groupe de jeunes qui jouaient au football à proximité. "Arrêtez! Vous allez le tuer!", finira par dire l'un des agresseurs pour arrêter les autres.

"J'étais au sol et les coups pleuvaient de partout", s'est souvenu le capitaine Ludovic Aubriot qui a failli perdre un oeil, a eu un nez cassé, la main entaillée et a perdu des dents dans la bataille. Il a eu 45 jours d'ITT (incapacité totale de travail) mais a repris son travail de CRS à Vélizy (Yvelines).

"Je ne sais pas pourquoi ils se sont arrêtés (de frapper, NDLR). Etant donné les traumatismes, on s'en est sortis par miracle", a-t-il ajouté à la barre mercredi. Son collègue, le sous-brigadier Marc Audiffren, a également été blessé et s'est aussi constitué partie civile.

Les avocats de la défense ont réclamé pour leur part l'audition d'un habitant de la cité qui dit avoir observé les faits depuis une cabine téléphonique située à 250m des lieux de l'agression et qui a mis en cause des jeunes dont l'un se trouvait en internat à ce moment. Le tribunal doit dire jeudi s'il accède à cette demande. Le témoin anonyme serait alors entendu vendredi matin, ce qui pourrait repousser la fin du procès à lundi.

Ce dossier avait été très médiatisé dans la pré-campagne présidentielle. Sous la pression des syndicats de police et du ministre de l'Intérieur de l'époque Nicolas Sarkozy, il avait été évoqué à l'époque un "guet-apens" tendu aux deux fonctionnaires qui patrouillaient à bord d'une Ford Mondeo dans cette cité réputée difficile.

Une information judiciaire avait été ouverte pour "tentative de meurtre", ce qui aurait valu la cour d'assises aux jeunes suspects, mais la justice a finalement requalifié les faits en "violences aggravées".

Nicolas Sarkozy avait promis à l'époque que les agresseurs ne resteraient pas "impunis". "On ira les chercher un par un", a-t-il promis après avoir rendu visite aux deux fonctionnaires hospitalisés sous le regard des caméras qui ont saisi les visages tuméfiés.

De l'ADN relevé sur la voiture de service et sur des cartons de pizza à proximité servira la thèse du guet-apens, les enquêteurs pensant que les agresseurs ont pu tranquillement manger derrière un talus en attendant la patrouille.

Une vaste opération de police, très médiatisée, le 25 septembre, conduira à l'interpellation de 11 jeunes. Mais la justice en relâchera une partie, notamment deux jeunes hommes dont l'ADN avait été retrouvé sur les cartons de pizza et des canettes de bière.

Deux mineurs, également poursuivis dans ce dossier, doivent être jugés le 12 octobre par un tribunal pour enfants. AP

der/mw