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actu & culture


PARIS - mercredi 26 septembre 2007 à 18h25

Grenelle de l'environnement: de nombreux sujets de "conflit" demeurent, selon l'Alliance pour la planète



Pesticides, OGM, incinérateurs, nucléaire, les sujets de "conflit" restent nombreux au sein des groupes de travail mis en place pour le Grenelle de l'environnement, a reconnu mercredi le porte-parole de Greenpeace France et de l'Alliance pour la planète, Yannick Jadot.

"L'enjeu du Grenelle, c'est véritablement de mettre les moyens derrière les objectifs parce que sinon ce sera une énième déclaration de bonnes intentions", a prévenu Yannick Jadot lors d'une conférence de presse, à la veille de la présentation des conclusions des six groupes à Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie.

Globalement "satisfaites" de la première phase de discussions, qui a permis de dégager "un consensus" sur le bilan des enjeux écologiques, les 80 associations réunies au sein de l'Alliance pour la planète ont épinglé les grands sujets qui "fâchent": le nucléaire, le recours massif à l'incinération des déchets, et, en matière d'agriculture, les pesticides et les organismes génétiquement modifiés (OGM).

Les sujets de tension récurrents ont refait surface, le plus délicat étant celui du nucléaire. "Nous sommes assez effondrés du discours de Nicolas Sarkozy, nous faisons un lien extrêmement fort avec le transfert de technologies et la prolifération nucléaire", a souligné Yannick Jadot. "Nous souhaitons un contrôle parlementaire sur l'exportation de technologies nucléaires, cela mettrait la représentation nationale devant ses responsabilités".

Sur ce "sujet dur", l'Alliance pour la Planète "continue à demander l'abandon du projet de réacteur nucléaire EPR". "Si on ne fait pas une rupture (...) ces solutions n'émergeront pas à la hauteur des enjeux, il faut qu'il y ait cette rupture".

Sans surprise, les OGM divisent le monde agricole et les écologistes, ces derniers souhaitant "un moratoire sur leur culture en plein champs jusqu'à ce que soient garantis par la loi la liberté et le droit de produire et de consommer sans OGM".

Sur la question des pesticides, "le débat a été assez dur et coince sur les objectifs quantifiés" de réduction, a précisé André Cicolella, représentant la Fondation des sciences citoyennes. Et "la question n'a pas été tranchée" sur l'aspect qualitatif, à savoir quelles substances peuvent être interdites. Par contre, "le principe de pollueur-payeur a été acté", s'est-il félicité.

Autre "constat d'échec", la prépondérance des incinérateurs pour la gestion des déchets, "un sujet sur lequel on n'a pas avancé", a regretté Florence Couraud du Centre national d'information indépendante sur les déchets. "C'est un point rouge. Il est anormal d'empêcher un traitement intelligent des déchets", a plaidé Daniel Richard président du WWF. "C'est un élément du Grenelle qui doit aboutir. Nous devons en sortir".

"Quand on prétend résoudre les problèmes environnementaux sur une génération, il va falloir s'engager sur un certain nombre de ruptures extrêmement lourdes", a prévenu en conclusion Yannick Jadot à l'adresse du président Nicolas Sarkozy. "Il n'est pas question de négocier l'ambition du Grenelle: s'il n'y a pas de décision sur le nucléaire, sur l'incinération, les autoroutes, les pesticides, la réunion du 27 ou 28 octobre va tourner court". AP

ljg/cov/sb