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actu & culture


PARIS - lundi 24 juillet 2006 à 18h02

La canicule fait une "trentaine" de morts, le gouvernement appelle à la mobilisation


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La France a chaud et il faudra attendre jeudi, voire vendredi, pour une accalmie. Alors que 56 départements étaient placés lundi en alerte canicule, le gouvernement a lancé un appel à la mobilisation de chacun pour éviter une nouvelle vague de décès comme en 2003. Le bilan est pour l'heure d'une "trentaine" de morts.

A l'issue d'une réunion avec les représentants des syndicats d'urgentistes, le ministre de la Santé Xavier Bertrand a lancé un appel aux étudiants en médecine, aux étudiants infirmiers, aux médecins retraités et aux professionnels de santé pour qu'ils renforcent les services de secours. Ils doivent prendre contact avec les responsables du Samu ou des urgences dans les départements en alerte canicule.

Il va également demander aux préfets d'augmenter la permanence des soins, en réquisitionnant si besoin aux libéraux. Dans les urgences, une cellule de pilotage va être mise en place pour déterminer notamment "où, quand et comment" rouvrir des lits en cas de nécessité, a-t-il ajouté. Le ministre a en outre rappelé que "chacun peut sauver une vie" en allant voir une personne vulnérable.

Si des "tensions" pouvant "aller jusqu'à 20% d'activité en plus" sont enregistrés dans certains établissements, la situation ne nécessite pas pour l'instant la mise en place d'un Plan blanc. Créé en mai 1988, ce plan permet notamment la réquisition de médecins, des personnels soignants et l'ouverture de lits supplémentaires.

Selon le Dr Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUHF), la France n'est pour l'instant "pas dans la même configuration qu'en 2003". "Il n'y a pas de surmortalité anormale" mais la canicule dure "depuis très longtemps". "Elle est beaucoup plus sournoise et on ne mesure pas pour l'instant la résistance des organismes", a-t-il ajouté.

Pour autant, le directeur général de la Santé Didier Houssin a estimé sur France Inter que face à une canicule comparable à celle de 2003, les différents services de Santé ne devraient "pas être pris par surprise", même s'il "faut quand même se méfier". Le bilan s'établit actuellement à une "trentaine" de morts, selon l'Institut de veille sanitaire (InVS).

La situation risque d'être d'autant plus difficile dans les hôpitaux que l'Union des chirurgiens de France (UCDF) appelle à la grève l'ensemble des chirurgiens libéraux des cliniques privées depuis lundi. Elle réclame notamment des revalorisations d'honoraires et dénonce la flambée des primes d'assurance. Un appel vivement critiqué par les urgentistes et le ministre de la Santé.

Le Dr Pelloux a expliqué "ne pas comprendre" ce mouvement. Compte tenu des risques liés à la canicule, il faut "d'abord" penser aux malades. De son côté, Xavier Bertrand a rappelé qu'"en ce moment, on a besoin que (...) tout le monde soit sur le pont".

Lundi après-midi, 56 départements étaient placés en alerte orange à la canicule. Mardi et mercredi, les températures devraient être largement au-dessus de 30 degrés, jusqu'à 38 degrés sur les régions du sud.

Ensuite, "sur l'Alsace, le Lyonnais, le Dauphiné, la vallée du Rhône, la Provence, on gardera encore jeudi des températures caniculaires", a expliqué à l'Associated Press Jérôme Lecou, prévisionniste à Météo France. En revanche, "on retrouvera des températures proches de 30 degrés sur les régions du Sud-Ouest en remontant vers le bassin parisien, où il fera entre 27 et 29".

Grâce à qui? Aux "orages qui vont commencer leur travail de sape mercredi et jeudi" et à une masse d'air venue de l'Atlantique, a-t-il ajouté. Ces perturbations gagneront l'est du pays à partir de vendredi. Les températures resteront assez chaudes, mais supportables: 26 degrés en moyenne samedi dans le nord du pays, 28 dans le sud. AP

ir/cov/mw




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