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La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Orléans a ordonné le maintien en prison de Véronique Courjault, soupçonnée de trois infanticides, a-t-on appris lundi de sources judiciaires.
La cour d'appel d'Orléans n'a pas fourni d'explication sur cette décision. L'avocate de Véronique Courjault, Hélène Delhommais, n'a pas souhaité "commenter une décision de justice".
A l'occasion d'un débat obligatoire après un an de détention, elle avait fait une demande de remise en liberté de sa cliente qui avait été examinée par les magistrats réunis jeudi 25 octobre à huis clos, en présence de Véronique Courjault. Une précédente demande de remise en liberté avait été rejetée le 23 mars dernier.
Le 25 octobre, Véronique Courjault était apparue les traits tirés, amaigrie. "Elle pleure beaucoup et souhaite retrouver très rapidement ses enfants qu'elle ne voit que tous les quinze jours. Actuellement, nous attendons d'autres expertises", avait confié son avocate à l'issue de l'audience. Selon elle, "Véronique Courjault est très faible, elle a perdu huit kilos depuis le début de l'été".
L'avocat général Elisabeth Gayet avait toutefois demandé son maintien en prison.
Me Hélène Delhommais et son confrère Marc Morin, avocat de Jean-Louis Courjault, ont récemment interpellé la ministre de la Justice sur les conditions de détention de Véronique Courjault. Après différentes affaires d'infanticides, dont celles d'Albertville et de Cherbourg, ils souhaitent relancer le débat sur la notion de déni de grossesse.
"Nous voulons que l'infraction spécifique d'infanticide qui a été supprimée du Code pénal en 1994 soit réintroduite car depuis cette date, les mères qui tuent leur enfant à la naissance tombent dans le droit commun. Elles encourent donc la perpétuité alors que jusqu'en 1994, elles bénéficiaient d'une minorité de peine", a-t-il dit.
"Ces femmes agissent dans un état psychologique qui est tout à fait spécial. Elles sont enceintes dans leur corps mais pas dans leur tête et n'ont pas conscience de tuer un enfant", a précisé Me Hélène Delhommais.
Véronique Courjault a été mise en examen le 12 octobre 2006 pour "assassinats" après avoir avoué trois infanticides: ceux de deux bébés nés en septembre 2002 et décembre 2003 alors que le couple résidait à Séoul, et celui d'un autre nouveau-né, au cours de l'été 1999 en Charente-Maritime.
Son époux Jean-Louis Courjault, qui avait découvert les corps des deux bébés dans le congélateur du domicile familial à Séoul, a été mis en examen pour " complicité d'assassinat " et laissé en liberté. AP
xpan/ljg
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