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actu & culture


PARIS - lundi 29 octobre 2007 à 16h39

Le gouvernement réfléchit à l'ouverture de certains métiers à des immigrés



L'immigration "choisie" se précise. Le ministère de l'Economie a dressé deux listes de métiers que la France, en manque de main d'oeuvre, pourrait ouvrir à des travailleurs étrangers, dans le cadre d'une immigration économique, selon des information de "Libération" de lundi.

La première liste concerne 29 professions "susceptibles d'être proposées dans certaines régions (françaises, NDLR) aux ressortissants des pays tiers" à savoir non-Européens, selon le document du ministère de Christine Lagarde que le quotidien publie. Il s'agit principalement de métiers qualifiés tels qu'informaticien expert, géomètre ou cadre de l'audit.

L'autre liste est beaucoup plus large, avec 152 métiers recherchés sur l'ensemble de la France, qui seraient ouverts aux ressortissants des nouveaux pays membres de l'Union européenne. Ces professions demandent peu de qualification, comme employé de ménage, serveur en restauration, et "la demande est déjà supérieure à l'offre", selon "Libération".

Bercy a confirmé que ses services travaillaient sur ces hypothèses mais la décision sera prise lors du prochain comité interministériel de contrôle de l'immigration le 5 novembre prochain. Le ministère de l'Immigration de Brice Hortefeux n'a pas souhaité faire de commentaire.

Ces mesures s'inscrivent dans la logique de la politique annoncée par Nicolas Sarkozy qui a répété à plusieurs reprises qu'il souhaitait arriver "à établir, chaque année, après un débat au Parlement, un quota, avec un chiffre plafond d'étrangers que nous accueillerons sur notre territoire". Il avait déjà évoqué "un quota par profession, par catégorie" et "par régions du monde", avec comme objectif de "porter la part de l'immigration de travail, de 7% actuellement, à 50% de l'immigration légale".

En juin dernier, M. Hortefeux avait précisé son intention d'élargir la liste des 62 métiers ouverts aux ressortissants des nouveaux Etats membres de l'UE. Il avait reçu les principaux responsables de fédérations professionnelles et les avaient invités à remplir un questionnaire "afin de mieux prendre en compte leurs besoins de recrutement".

Le ministre avait également évoqué la possibilité de "définir par arrêté les métiers et zones géographiques prioritaires pour des migrations économiques vers la France de ressortissants de pays hors Union européenne". "Cette définition interviendra après consultation des organisations syndicales d'employeurs et de salariés représentatives", selon le ministère de l'Immigration. Une concertation entre les préfets de région, les entreprises et les représentants locaux des fédérations professionnelles devait également être mise en place.

L'association France Terre d'asile a jugé lundi que "cette liste légitime la chasse aux étrangers non communautaires en situation irrégulière". "Elle introduit un principe discriminatoire sur la base des origines et se trouve en contradiction avec nos principes républicains". Dans un communiqué, l'association "en appelle à la responsabilité du gouvernement" et "réclame à nouveau la mise en place d'une commission nationale de régularisation". AP

ljg/div/mw