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actu & culture


MARSEILLE - lundi 12 novembre 2007 à 15h41

Marseille: l'escroc aux placements financiers promet de s'expliquer



Le procès d'un escroc présumé, qui se faisait passer tantôt pour un ancien gendarme habilement reconverti dans les affaires, tantôt pour un financier international ayant ses entrées à la Banque mondiale, s'est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille.

"De toute façon, j'ai reconnu les faits. Si je peux au moins m'expliquer sur la façon dont ils ont été commis", a lancé lundi à l'ouverture des débats le principal prévenu, Alexandre Gabriel, un Belge de 52 ans arrêté au Luxembourg en mars 2005 et en détention provisoire depuis. Ses trois avocats ayant renoncé à le défendre, le tribunal a dû lui en commettre un d'office.

Le financier aux dents longues a totalement changé de look. Alexandre Gabriel a troqué la chemise blanche, la cravate, les cheveux courts et le sourire commercial contre une petite voix mièvre, des cheveux longs noués en une hâtive queue de cheval et une mélancolie apparente.

Sept jours de débats seront nécessaires pour juger Alexandre Gabriel, poursuivi pour avoir, entre 1997 et 2005, fait plus de 300 victimes et causé un préjudice estimé à 30 millions d'euros, selon le dossier d'accusation.

L'escroc présumé était parvenu à convaincre des centaines de particuliers de consentir, grâce à lui, des placements financiers qui leur rapporteraient 18% de rentabilité annuelle. Pendant quelque temps, Alexandre Gabriel entretenait l'illusion auprès de ses clients qu'ils tireraient de ces investissements des dividendes lucratifs, puis les versements cessaient tout à coup et les victimes ne revoyaient plus leur argent.

Pour cela, le mis en cause avait monté une société de droit américain, International Marketing Corporation (IMC), élisant domicile à Cheyenne, dans le Wyoming (Nord). Alexandre Gabriel s'appuyait sur un réseau de neuf intermédiaires métropolitains et de cinq agents tahitiens, qui percevaient 10% à 15% sur chaque contrat vendu. Les victimes, domiciliées à Marseille (Bouches-du-Rhône), dans le Vaucluse, mais surtout en Polynésie française, ont longtemps cru à ses chimères.

Alexandre Gabriel encourt une peine de 10 ans de prison ferme et 1 million d'euros d'amende pour "escroquerie en bande organisée". Sur les dix-huit prévenus jugés à partir d'aujourd'hui, on trouve les complices de Gabriel, ses commerciaux les plus zélés, mais aussi deux avocats avignonnais poursuivis pour "exercice illégal de la profession d'intermédiaires de banque". Ces derniers risquent une peine maximale de 2 ans et des amendes de 30.000 euros.

Avec l'argent détourné, l'escroc présumé est accusé d'avoir investi pour plus de 840.000 euros dans l'achat de biens immobiliers à usage personnel, aujourd'hui placés sous séquestre, sur les sites très prisés de Gordes, L'Isle-sur-la-Sorgue et Malemort-du-Comtat (Vaucluse).

Les débats ont commencé lundi avec l'appel fastidieux des 18 prévenus, puis de chacune des victimes. Le réquisitoire du vice-procureur Marc Rivet est prévu vendredi. Les débats, présidés par Vincent Turbeaux, doivent durer jusqu'au 20 novembre. AP

xnis/lp




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