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actu & culture


PARIS - jeudi 27 juillet 2006 à 19h43

Le taux de chômage est passé à 9% en juin



L'embellie se confirme sur le front de l'emploi. Grillant la politesse à son ministre Jean-Louis Borloo, Dominique de Villepin a annoncé dès jeudi une baisse de "plus de 25.000 chômeurs" en juin, qui fait passer le taux de chômage à 9%, soit un peu moins de 2,2 millions de chômeurs.

Ce taux a diminué de 1,17% par rapport au mois de mai, soit 26.500 chômeurs de moins, selon le ministère de l'Emploi. Le nombre de demandeurs d'emploi avait déjà reculé de 2,16% en mai, soit 48.900 chômeurs de moins. Depuis le renversement de tendance de février 2005, il y a au total 286.000 chômeurs de moins, soit une baisse de 12%.

Toujours au plus bas dans les sondages, le Premier ministre s'est empressé de lâcher le morceau en fin de matinée jeudi, en marge d'un déplacement sur le thème de l'Egalité des chances à Garges-les-Gonesse (Val d'Oise). "Nous sommes pour le mois de juin sur une tendance de plus de 25.000 chômeurs en moins", a-t-il annoncé.

"Quand nous sommes arrivés il y a un peu plus d'un an, il y avait dans notre pays 2,5 millions de chômeurs. Nous sommes aujourd'hui à 2,2 millions", a souligné Dominique de Villepin. Et de se fixer pour objectif de "passer en dessous de la barre des 2 millions", et ce "au début de l'année prochaine". Ce cap avait "été franchi en 1983", a-t-il rappelé.

Il y avait en effet un peu moins de 2,2 millions de chômeurs de catégorie 1 (à la recherche d'un travail à temps plein et en CDI) inscrits à l'ANPE. Au sens du Bureau international du travail, il y avait 2,4 millions de chômeurs et, en comptant les chômeurs qui ont peu travaillé (catégories 1 à 6), 2,6 millions de personnes étaient inscrites à l'ANPE.

Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques, les femmes, avec 9,9%, restaient plus touchées par le chômage que les hommes (8,3%). Chez les moins de 25 ans le chômage atteint 21,7%.

Pour atteindre l'objectif des 2 millions de chômeurs, le gouvernement entend se consacrer en particulier à certaines catégories. Dominique de Villepin a notamment évoqué les "femmes" et les "seniors".

Pas rancunier, le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo a attribué ces bons résultats à son Plan de cohésion sociale, assurant que "la machine de guerre produit ses effets".

"Jusqu'au mois de février 2005, on avait tous les mois 20.000 chômeurs de plus", a-t-il souligné lors d'une rencontre avec des journalistes. "S'il n'y avait pas eu le plan, on serait aujourd'hui à 11%" de chômeurs.

"Le prochain symbole, c'est 8,9% et c'est moins de deux millions" de chômeurs, a-t-il souligné, en rappelant qu'il s'était engagé sur un taux compris entre 8 et 8,5% en 2007: "je crois qu'on est dans les clous". "A un moment, on passera de l'idée: 'je perds mon emploi' à 'je change d'emploi' et on n'en est pas très loin", a assuré M. Borloo.

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Bernard Accoyer s'est félicité jeudi "des excellents chiffres du chômage" qui sont selon lui "un signe positif et très encourageant pour notre politique". "L'action du gouvernement et de sa majorité est concrète. Elle donne des résultats indiscutables", écrit-il. "Il nous faut maintenir ce cap volontariste".

En revanche, le Parti socialiste a dénoncé dans un communiqué un "décalage (...) complet entre les déclarations triomphantes du gouvernement sur l'emploi et la réalité vécue par nos concitoyens". "La baisse optique du chômage qui a eu lieu ces derniers mois (...) ne correspond à aucune reprise d'activités et à quasiment pas de création d'emplois", affirme le PS, en pointant du doigt une "très forte augmentation des radiations administratives".

Selon les chiffres du ministère de l'Emploi, il y a eu 48.300 créations d'emplois marchands au premier trimestre 2006, alors que plus de 278.000 salariés bénéficiaient d'un emploi aidé fin juin 2006. AP

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