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actu & culture


PARIS - jeudi 27 juillet 2006 à 18h56

La sécheresse plonge la France dans une "extrême fragilité", prévient Nelly Olin


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La menace d'une sécheresse semble "moins alarmante" que lors des étés passés et même qu'au cours de l'hiver passé, mais la France reste aujourd'hui "dans une extrême fragilité" et les prochaines semaines seront délicates, ont averti jeudi les ministres de l'Agriculture Dominique Bussereau et de l'Ecologie Nelly Olin.

A ce jour, 80 départements sont touchés par le manque d'eau, dont 31 sont dans une situation "préoccupante", selon le décompte du ministère de l'Ecologie. L'utilisation de l'eau est limitée dans 49 départements, soit quinze de plus qu'au début du mois de juillet, a souligné Nelly Olin qui s'est montrée inquiète devant "la dégradation extrêmement rapide de la situation".

Même si le niveau des nappes souterraines et le remplissage des barrages restent plus favorables que l'an dernier, "juin et juillet ont été très secs" et les trois prochains mois devraient connaître des températures supérieures aux normales, a résumé la ministre à l'issue d'une réunion du comité sécheresse.

La sécheresse, qui reste aujourd'hui "généralement moins importante" qu'en 2005, 2003 ou 1976 pourrait le devenir "si l'absence de pluies et la canicule perdurent", a affirmé Mme Olin.

Déjà, le débit des cours d'eau est très faible, comparable à ce qu'on observe en moyenne tous les dix ans, voire tous les vingt ans pour la Garonne, le Tarn et l'Aveyron.

L'agriculture commence également à être touchée. "Sur le plan des fourrages, c'est vrai qu'il y a quelques raisons d'être inquiet", a détaillé M. Bussereau sur RTL. Plus tard dans la journée, il a annoncé que les agriculteurs français pourraient utiliser leurs jachères pour nourrir les animaux, grâce à l'extension de l'autorisation donnée par la Commission européenne. En cas de besoin, un dispositif permettant de transporter du fourrage vers les régions les plus touchées pourrait être mis en place.

Quand aux rendements des cultures, Dominique Bussereau espère toujours "une bonne récolte", malgré la "légère baisse" due à la canicule.

"On ne peut pas baisser la garde", a demandé Nelly Olin. A cause du réchauffement climatique, cette année "n'est pas une période exceptionnelle. Nous en connaîtrons, hélas!, d'autres".

Pour y préparer le pays et limiter la consommation d'eau, la ministre a prévu une campagne de sensibilisation. "Il n'y a pas de petits gestes quand on est 60 millions à les faire", proclameront des spots diffusés à la télévision et à la radio jusqu'à la mi-août. Les "petits gestes" préconisés (prendre des douches plutôt que des bains, laver sa voiture dans une station de lavage, réparer les robinets qui gouttent...) pourraient permettre "une économie de trois milliards de litres d'eau par jour", a assuré la ministre.

Elle a toutefois salué les efforts déjà engagés pour limiter la consommation d'eau, notamment par les agriculteurs. Les cultures de maïs, très gourmandes en eau, ont à nouveau reculé de 8% à 9% cette année, soit 20% depuis la sécheresse de 2003.

Nelly Olin espère également beaucoup de sa loi sur l'eau, qui sera débattue en seconde lecture au Sénat début septembre et devrait être définitivement adoptée avant la fin de l'année. AP

lp/mw




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