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actu & culture


PARIS - vendredi 28 decembre 2007 à 14h12

2007: l'année du sacre pour Nicolas Sarkozy



Il ne pensait plus qu'à ça "en se rasant". L'année 2007 a été pour Nicolas Sarkozy celle de la concrétisation de sa principale ambition: remporter haut la main la présidentielle.

A peine élu, ce quinquagénaire a imposé un net changement de style à l'Elysée, entre activisme forcené, multiplication des coups d'éclat, divorce et photos dans les magazines "people".

Cette "rupture", Nicolas Sarkozy en avait fait son principal thème de campagne, avec le slogan "travailler plus pour gagner plus". Un temps éclipsé par l'élection de Ségolène Royal comme candidate par les militants socialistes fin 2006, il revient en force dès le 14 janvier, avec son intronisation comme candidat de l'UMP lors d'un congrès à grand spectacle.

Côté socialiste en revanche, les ennuis commencent: suspension du porte-parole Arnaud Montebourg pour cause de mauvaise plaisanterie sur François Hollande, "bravitude", ralliement avec fracas d'Eric Besson à Nicolas Sarkozy...

Jacques Chirac, lui, s'efface doucement. Après bien des hésitations, le président sortant finira par apporter son soutien, du bout des lèvres, à Nicolas Sarkozy le 21 mars. Pour lui comme pour son Premier ministre, les ennuis commenceront bientôt. Rattrapé par l'affaire Clearstream, Dominique de Villepin est mis en examen en juillet pour "complicité de dénonciation calomnieuse". Jacques Chirac le sera pour "détournement de fonds publics" dans le cadre de l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris.

Au premier tour de la présidentielle le 22 avril, les Français votent massivement et optent pour un duel entre Nicolas Sarkozy (31,18% des voix) et Ségolène Royal (25,87%). Invité surprise du second tour en 2002, Jean-Marie Le Pen est laminé.

Avec 18,57% des suffrages, le centriste François Bayrou suscite toutes les convoitises entre les tours. Mais Ségolène Royal ne parviendra jamais à le convaincre de la soutenir publiquement. Le 6 mai, le verdict des Français tombe, sans appel: Nicolas Sarkozy est élu avec 53,06% des voix.

Il ne tarde pas à imprimer sa marque à la tête de l'Etat. D'emblée, ses premières vacances de président élu, sur un yacht prêté par son ami Vincent Bolloré au large de Malte, font des vagues. La polémique resurgira lors de ses congés aux Etats-Unis en août, puis en Egypte en décembre.

Nicolas Sarkozy nomme François Fillon à Matignon, un Premier ministre auquel il ne laissera guère de place pour exister. Aux législatives de juin, il voit sa victoire confirmée avec l'élection d'une large majorité UMP.

Il porte au gouvernement une nouvelle génération, symbole de sa volonté "d'ouverture": Rachida Dati à la Justice, mais aussi la fondatrice de "Ni putes ni soumises" Fadela Amara et Rama Yade comme secrétaires d'Etat. Il débauche aussi quelques socialistes, dont Bernard Kouchner, nommé ministre des Affaires étrangères.

Le Parti socialiste, lui, n'en finit pas de se diviser, tout comme le couple Hollande-Royal, qui officialise sa séparation le 18 juin. Celui du chef de l'Etat tiendra encore quelques mois. Le 18 octobre, Nicolas et Cécilia Sarkozy officialisent leur divorce, une première en France pour un couple présidentiel. Deux mois plus tard, le président fera à nouveau la "une" des magazines "people" en s'affichant avec le mannequin Carla Bruni.

Parallèlement, il applique son programme en lançant la réforme des universités, celle du marché du travail ou des institutions. Surtout, il s'attaque aux régimes spéciaux de retraite. Après une grève de neuf jours dans les transports, Nicolas Sarkozy réussit son pari: les syndicats de la RATP et de la SNCF décident de suspendre le mouvement pour négocier.

La mise en place des tests ADN pour les candidats au regroupement familial provoque en revanche un tollé jusque dans le gouvernement, alors que Rachida Dati se met à dos le monde de la justice avec sa réforme de la carte judiciaire.

Sur la scène internationale, Nicolas Sarkozy fait ses premiers pas en juillet avec un coup d'éclat: son épouse Cécilia ramène dans un avion français les infirmières bulgares détenues en Libye. Le président jure n'avoir accordé aucune contrepartie au colonel Kadhafi. Cinq mois plus tard, la visite en France de l'encombrant dirigeant libyen lui vaudra un flot de critiques.

Enchaînant les dossiers à toute allure, Nicolas Sarkozy fait de la libération de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt une priorité, négocie avec les Vingt-Sept un nouveau traité européen simplifié, se rapproche ostensiblement des Etats-Unis et durcit le ton à l'égard du programme nucléaire iranien.

Fin 2007, il est rattrapé par son slogan de campagne. Les Français, décidément, veulent "gagner plus" et ne voient pas cette promesse se concrétiser, malgré l'adoption d'un "paquet fiscal" -qualifié par l'opposition de cadeau pour les plus riches- qui autorise l'exonération de charges sociales des heures supplémentaires.

Nicolas Sarkozy annonce donc le 29 novembre un nouveau train de mesures, axé sur un nouvel assouplissement des 35 heures. Mais l'argent manque dans les caisses de l'Etat et, déjà, Bruxelles fronce les sourcils devant la dérive des comptes publics, laissant présager un brutal retour aux réalités en 2008. AP

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